La grande Mosquée de Paris annonce son retrait du projet de Conseil national des imams

Maxence GEVIN
Publié le 29 décembre 2020 à 6h12
Chems-Eddine Hafiz, recteur de la grande Mosquée de Paris

Chems-Eddine Hafiz, recteur de la grande Mosquée de Paris

Source : Ludovic MARIN / AFP

CULTE - Le recteur de la grande Mosquée de Paris (GMP) a communiqué ce lundi sa volonté de quitter le projet de Conseil national des imams (CNI). Impulsée par l'Élysée et confié au Conseil français du culte musulman (CFCM), cette institution serait victime de l'influence de "la composante islamiste" du CFCM.

"J'ai décidé (...) de ne plus participer aux réunions qui visent à mettre en œuvre le projet du Conseil national des imams et de geler tous les contacts avec l'ensemble de la composante islamiste du CFCM". Dans un communiqué publié ce lundi, Chems-Eddine Hafiz a fait part de son intention de prendre ses distances avec le projet de Conseil national des imams. Une décision qu'il a déjà qualifiée d'"irrévocable". Le recteur de la grande Mosquée de Paris fustige notamment  la "composante islamiste" du Conseil français du culte musulman.

La création d'un Conseil national des imams (CNI) chargé de certifier leur formation en France est activement soutenue par l'Élysée dans le cadre de son projet de loi contre l'islam radical et les "séparatismes". Emmanuel Macron l'avait d'ailleurs formellement demandé lors de son discours aux Mureaux (Yvelines) début octobre. Cette sortie intervenait dans un contexte où la pression pour mieux encadrer l'islam de France avait encore augmenté avec l'assassinat de Samuel Paty et l'attentat de Nice.

Un blocage "insidieux" des négociations

Le CFCM a hérité de la direction des travaux sur la mise en place d'une instance, maintes fois évoquée mais jamais concrétisée.  Les neuf fédérations de mosquées qui composent cette institution, régulièrement critiquée pour son manque de représentativité, devaient d'abord se mettre d'accord début décembre sur une "charte des valeurs républicaines". "Malheureusement, la composante islamiste au sein du CFCM, notamment celle liée à des régimes étrangers hostiles à la France, a insidieusement bloqué les négociations en remettant en cause presque systématiquement certains passages importants" de la charte, se désole le recteur de la grande Mosquée de Paris. Il ajoute que des "membres de la mouvance islamiste" auraient fait croire "que cette charte avait pour ambition de toucher à la dignité des fidèles musulmans". "Un mensonge éhonté", selon lui. 

Ces sévères critiques émises par Chems-Eddine Hafiz à l'endroit d'agents "douteux" font suite aux propos de plusieurs figures de l'islam réformé en décembre dernier. Elles qualifiaient le CFCM d'"institution fragile". 


Maxence GEVIN

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