En Conseil de Paris, Rachida Dati, a affirmé jeudi que la redevance de la tour Eiffel, prélevée par la mairie de Paris, allait passer à 50 millions d’euros.
C’était bien l’une des raisons de la grève menée par les salariés de la société gestionnaire du monument, en février dernier.

Mise à jour du 25/05 : éléments apportés par la mairie de Paris.

Rachida Dati repart à l'attaque sur le dossier de la tour Eiffel. Ce vendredi, en Conseil de Paris, la ministre de la Culture – et maire du 7ᵉ arrondissement – a fustigé le modèle économique de la Dame de fer, en difficulté budgétaire. "Là encore, sur le modèle des loyers capitalisés par lesquels vous avez ruiné les bailleurs sociaux, maintenant que nous y avons mis fin, vous vous attaquez à la tour Eiffel. Vous allez la ruiner financièrement en lui prélevant près de 50 millions d’euros par an. Alors qu’en 2018, nous étions à 8 millions d’euros par an : vous multipliez par 6 la redevance", a développé la ministre de la Culture qui siège toujours en tant qu’élue locale.

Possédant la tour Eiffel, la mairie de Paris délègue sa gestion à la Sete, la Société d’exploitation de la tour Eiffel. Et en tant que propriétaire, la ville touche donc une redevance de sa part, dont le montant a été fixé contractuellement. D’après la délégation de service public conclue en 2017 et revue un an plus tard, "le niveau de redevance est contractuellement fixé à 8 M€ (indexés) de 2018 à 2021 inclus". 

Une grève en février 2024

Sur le site de la Sete, on peut constater que cette redevance était bien de 8 millions d’euros depuis 2018. Mais en 2022, la redevance a quasiment doublé, passant à 15,85 millions d’euros. Son montant n’est pas indiqué pour les années 2023 et 2024. En revanche, la redevance touchée par la mairie devrait bien être de 50 millions d’euros en 2025, a pu confirmer la Sete à l’AFP au moment de la grève menée à la tour Eiffel en février dernier, au grand dam des touristes. Contactée, la société ne nous a pas encore détaillé ce montant. Cela étant, cette hausse était l’une des raisons de la colère des syndicats de la Sete ayant appelé à la grève.

Si cette redevance va bien atteindre 50 millions, et va donc être multipliée par six entre 2018 et 2025, elle devrait être amortie par des investissements plus importants de la ville de Paris. Ce qui sonne comme un rattrapage, puisqu'en 2018, la municipalité avait réduit son plan d’investissement au profit du monument, passé "de 300 millions d’euros à 224,5 millions d’euros". Alors que la Sete se trouve en difficulté financière, la ville prévoit désormais d’injecter 145 millions d’euros supplémentaires à son budget pour financer l’entretien de la tour jusqu’en 2031. Le tout précisé dans un avenant au contrat de délégation public, actuellement présenté en Conseil de Paris et devant être signé avant l'été.

Pour la mairie de Paris, sollicitée par TF1info, "il n’y a pas de hausse de redevance mais une proposition de baisse de redevance". Et la ville de citer le contrat de délégation de 2017, qui prévoyait "une redevance variable proportionnelle au chiffre d’affaires" dès janvier 2024. Soit un montant avoisinant les 55 millions d'euros, "compte tenu des prévisions de fréquentation" de la tour Eiffel. 

"Mais afin de compenser les pertes liées à la crise sanitaire, la Ville de Paris a prévu, via l’avenant proposé ce jour au Conseil de Paris, d’abaisser cette redevance variable moyenne à 50 millions d’euros", ajoute la municipalité. Pour combler son déficit, la Sete prévoit par ailleurs d'augmenter de 20 % le prix du billet d'entrée de la tour Eiffel dès le 17 juin, correspondant à 35,30 euros pour un ticket adulte.

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Caroline QUEVRAIN

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