Le ministère de l'Éducation nationale promet "jusqu'à 25% d'augmentation" pour les enseignants

Maëlane Loaëc (avec AFP)
Publié le 27 septembre 2022 à 8h21
JT Perso

Source : JT 20h WE

La rémunération des enseignants doit grimper de 10% en moyenne à la rentrée 2023, à quoi peut s'ajouter de nouvelles augmentations pour des tâches supplémentaires.
Cette hausse de salaire pourra atteindre "jusqu'à 25%" pour "un professeur avec quelques années d’ancienneté", a précisé le ministère au Parisien.

Cette nouvelle enveloppe signe une "hausse inédite", assure le gouvernement : l'Éducation nationale, premier budget de l'État, verra en 2023 ses crédits grimper de 3,7 milliards d'euros, pour atteindre 60,2 milliards d'euros, en augmentation de 6,5% par rapport à 2022, selon le projet de loi de finances présenté lundi en Conseil des ministres. Sur cette somme, 935 millions d'euros seront alloués aux salaires des professeurs, soit une hausse moyenne de 10%, à laquelle s'ajouteraient des rémunérations pour des tâches supplémentaires. Auprès du Parisien, le ministère promet "jusqu’à 25% d'augmentation" dans certains cas. 

"Revalorisation historique"

Sur ce budget de 935 millions d'euros, "635 millions d'euros sont consacrés à la revalorisation inconditionnelle pour tous les professeurs" et "300 millions d'euros pour les enseignants volontaires pour accomplir de nouvelles missions" (remplacement, suivi individualisé, orientation...), a détaillé lundi le ministère de l'Éducation auprès de l'AFP. Cette revalorisation se décomposera en "une augmentation moyenne de la rémunération des enseignants de 10% accompagnée d'une hausse supplémentaire pour les enseignants volontaires s'engageant dans des missions nouvelles", selon le projet de budget, qui reprend ainsi une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Dans un courrier aux enseignants, le chef de l'État avait ouvert la porte à une revalorisation totale tutoyant les "20%" pour les enseignants désireux d'accomplir ces autres tâches. Dans les colonnes du Parisien, la rue de Grenelle a précisé que cette hausse pouvait aller "jusqu’à 25 % d’augmentation", dans le cas d'un "professeur avec quelques années d’ancienneté". "On a un budget qui nous permet d’aller vers des hausses de salaire conséquentes", a assuré le ministère, promettant une "revalorisation historique"

Tous les professeurs "susceptibles d'être augmentés"

L'ensemble des professeurs seront concernés par cette hausse : si le gouvernement souhaite mettre l'accent sur la revalorisation des professeurs en début de carrière, de manière inconditionnelle, les autres ne resteront pas en reste, assure-t-il. "Tous les professeurs, quelle que soit leur ancienneté, sont susceptibles d'être augmentés, au titre de l'inconditionnel et au titre des missions supplémentaires", avait indiqué le ministère à l'AFP. 

Le ministre de l'Éducation Nationale Pap Ndiaye s'étant engagé à ce qu'aucun enseignant ne gagne moins de 2000 euros net par mois à compter de la rentrée 2023, cette hausse pour les "néo-titulaires" entraînera "de fait une revalorisation et une révision de l'ensemble de la progression", a ajouté la rue de Grenelle. "Quand on a plus d'ancienneté, on gagne évidemment plus que ceux qui viennent d'arriver", a-t-elle appuyé. En année pleine, le coût pérenne de ces revalorisations "dépassera 2 milliards d'euros", précise Bercy.

"Les deuxièmes moitiés de carrière seront au moins concernées par les nouvelles missions ou des avancements plus rapides", a ajouté le ministère auprès du Parisien. L'ensemble de ces hausses de salaire sont programmées pour la rentrée scolaire 2023, précise le quotidien.

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Reste que les "modalités concrètes" de ces augmentations seront fixées suite aux discussions avec les organisations syndicales, qui seront lancées dès la semaine prochaine, à partir du lundi 3 octobre. Des échanges s'annonçant tendus, les syndicats ne semblant pas convaincus par les annonces du ministère. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, fustige déjà une "tromperie" : pendant sa campagne, Emmanuel Macron "avait promis une hausse de 10% pour tous les enseignants en janvier 2023 et là, on constate que cela devient une augmentation avec un socle de 10% en moyenne", s'est irritée auprès de l'AFP sa secrétaire générale Sophie Vénétitay.


Maëlane Loaëc (avec AFP)

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