L'humain n'est pas le seul à rougir sous le coup de ses émotions, les poules aussi !
Des chercheurs français de l'INRAE ont récemment fait cette incroyable découverte.
Les joues des gallinacés s'enflamment lorsqu'ils sont soumis à des émotions positives ou négatives.

Qui n'a jamais rougi de plaisir, de honte ou de colère ? Très naturel et incontrôlable, ce phénomène n'est pas l'apanage de l'humain, de nombreux animaux y sont également sujets, même si le rougissement est plus discret, dissimulé par les plumes ou le pelage. Et d'après les recherches menées par l'INRAE, les poules rougissent, elles aussi.

C'est prouvé, les poules rougissent comme les humains !

Une équipe de l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'alimentation et l'Environnement (INRAE) a analysé les relations homme-poule et leurs liaisons avec le bien-être de l'animal. Les éléments de recherche et les conclusions ont été publiés dans l'étude parue dans la revue Applied Animal Behaviour Science le 21 avril 2024.

En observant un groupe de poules sur plusieurs semaines et dans diverses situations, les chercheurs ont découvert que ces animaux rougissent lorsqu'ils sont directement exposés à différents sentiments forts. Le stress et l'excitation positive face à une nourriture très appréciée (vers de farine) font fortement monter le sang aux joues des volatiles, comme l'ont démontré les observations réalisées à partir de 18 000 photos. Une seconde expérience menée en complément sur deux groupes de gallinacés a montré que les poules habituées aux humains sont moins réactives à leur présence que les autres et rougissent donc moins. Ce résultat témoigne du niveau de stress réduit chez les sujets qui côtoient l'homme au quotidien et se sentent plus en sécurité. 

Pourquoi cette étude est-elle importante pour la recherche scientifique ?

Au-delà du caractère amusant des résultats prouvant le rougissement des poules face aux émotions positives et négatives fortes, l'étude souligne l'importance du bien-être animal. En élevage destiné à l'alimentation, la législation se dresse de plus en plus contre la maltraitance animale afin de faire évoluer les comportements dans le bon sens et de protéger les animaux. Des directives européennes encadrent désormais les pratiques en obligeant les éleveurs à garantir un minimum de bien-être aux animaux : accès à l'extérieur, densité d'élevage, surface par individu, qualité de la nourriture et du transport… En outre, nous savons que le stress et les autres émotions négatives ont un impact délétère direct sur la qualité des produits - la viande et les œufs dans le cas des poules d'élevage. Ainsi, l'observation approfondie des gallinacés et de leur rougissement réflexe peut révéler le bien-être de l'animal ou son absence. Elle montre également que les poules ne sauraient se contenter d'un abri et de nourriture, qu'elles possèdent, elles aussi, un état émotionnel variable dont les éleveurs sont responsables et doivent prendre soin au quotidien. 


Coline GRASSET pour TF1 INFO

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