Les classes non mixtes sont-elles autorisées en France, et combien d'élèves concernent-elles ?

par J.F.
Publié le 25 janvier 2024 à 16h55

Source : TF1 Info

Au collège privé Stanislas, les trois fils de la ministre de l'Éducation nationale et des Sports Amélie Oudéa-Castera sont scolarisés dans des classes non mixtes.
Ces dernières sont-elles légales et combien de classes ou d'élèves représentent-elles ?

Des classes non mixtes, est-ce légal ? Parmi les multiples révélations visant la ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports Amélie Oudéa-Castera, a fait surface ces derniers jours celle de la scolarisation de ses trois fils dans des classes non mixtes au sein de l'établissement privé catholique parisien Stanislas. "Ses enfants ont fait le choix, et ont demandé à être dans une classe non mixte, que de garçons", seulement au collège, a précisé mercredi la porte-parole du gouvernement Prisca Thévenot avec l'accord de la principale concernée. 

Réautorisées en 2008

Les classes non mixtes ont été réautorisées en 2008 pour les établissements sous contrat avec l'État, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. L'article 2 de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations indique qu'elle ne fait pas obstacle à "l'organisation d'enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe". Son adoption revient donc sur la mixité imposée par la loi Haby de 1975, rendant obligatoire le mélange filles-garçons dans les classes des établissements du primaire et du secondaire.

Une poignée d'élèves concernés seulement

Aujourd'hui, la non mixité existe dans tous les types d'établissements, privés sous contrat, privés hors contrat, et publics. "Il n'existe qu'environ 200 établissements non mixtes dans l'enseignement privé, très souvent hors contrat", lit-on sur le site du Sénat dans un rapport d'information sur la mixité scolaire datant de 2004. Certains, comme Stanislas, établissement privé sous contrat, ne sont que partiellement non mixtes. "Uniquement dans les années du collège, est proposé aux élèves et leurs familles le choix éducatif de la mixité ou de la non-mixité", lit-on par exemple sur le site de l'établissement scolaire. Dans les établissements publics, elle est encore plus rare. Elle concerne par exemple les maisons d'éducation de jeunes filles de la Légion d'honneur, comme celle de Saint-Denis où Emmanuel Macron a récemment reçu les chefs des partis d'opposition, soit environ 1000 élèves. 

Les chiffres officiels sur ces classes sont peu nombreux et souvent anciens. Le rapport du Sénat cité plus haut indique qu'en 1999, "il y avait 44 écoles non mixtes, dont 32 écoles de garçons et 12 écoles de filles, sur plus de 59.000 écoles, soit 0,07 %. Elles se rencontrent surtout dans l'enseignement privé hors contrat, soit 28 écoles sur les 44 recensées". "Au niveau du premier degré, la France comptait, à la rentrée 2002, 57 collèges non mixtes, soit 0,8 % de l'ensemble des collèges, également répartis entre collèges de garçons et collèges de filles", lit-on encore. Pour les lycées de l'enseignement général et technologique, les chiffres étaient de 2,5% en 2002, soit 64 lycées sur les 2.608 lycées français ; une proportion qui monte à 5,8% des lycées professionnels, soit 101 établissements.


J.F.

Tout
TF1 Info