L'exécutif contre la CGT : suite aux violences, Hollande menace d'interdire les manifs

Vincent Michelon
Publié le 15 juin 2016 à 13h02
L'exécutif contre la CGT : suite aux violences, Hollande menace d'interdire les manifs

DURCISSEMENT - Lors du Conseil des ministres, mercredi, François Hollande a affirmé qu'il n'y aurait plus d'autorisation de manifester en cas de nouvelles atteintes "aux biens et aux personnes". Un durcissement réclamé par la droite, qui veut faire payer les dégâts à la CGT.

Le gouvernement en voie de durcissement. A l'issue du Conseil des ministres, ce mercredi, son porte-parole, Stéphane Le Foll, a indiqué que l'exécutif pourrait interdire de prochaines manifestations contre la loi Travail en cas de débordements. Plus précisément, François Hollande a annoncé à ses ministres qu'il n'y aurait plus d'autorisation si la préservation "des biens et des personnes" ne pouvait être garantie. Il a ainsi confirmé la menace brandie le matin même par Manuel Valls.

"Un gouvernement aux abois"

Des déclarations qui surviennent au lendemain de nouveaux débordements lors des manifestations anti-loi Travail, et notamment la dégradation de la façade de l'hôpital Necker, à Paris. Plus consensuel, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a demandé au syndicat de "faire une pause dans les manifestations". 

Réaction immédiate de la CGT, fortement mise en cause dans ces débordements par Manuel Valls le matin même : "Menacer d'interdire les manifestations est le signe d'un gouvernement aux abois". Le syndicat a dénoncé en outre les accusations "inacceptables" du Premier ministre, estimant qu'il incombait "aux pouvoirs publics", dont Manuel Valls "a la première responsabilité, d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre". La menace d'interdire est "inacceptable", a également réagi sur France Info le patron de FO, Jean-Claude Mailly.

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Une déclaration "molle", accuse la droite

La droite, de son côté, réclamait également des comptes à la CGT pour les débordements de la veille. Nicolas Sarkozy a demandé, comme d'autres responsables Les Républicains, que la responsabilité civile du syndicat soit engagée.

Interrogé par metronews, le député de l'Yonne Guillaume Larrivé, porte-parole des Républicains, estime que la menace d'interdiction prononcée par François Hollande est "une déclaration typique de synthèse molle. Il ne fait que rappeler l'état du droit". "Cela fait des semaines", explique le député sarkozyste, "que nous demandons au gouvernement d'ouvrir les yeux sur les réalités et d'interdire certaines manifestations". Quant à la CGT, Guillaume Larrivé lui adresse, à l'instar de Manuel Valls, un "carton rouge". "La contestation démocratique peut s'exprimer, pas la quasi insurrection. Soit la CGT comprend la situation, soit elle devra en répondre devant la justice."

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Vincent Michelon

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