"Maladie X" : tout savoir sur cette épidémie fictive que redoute l’OMS

par Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO
Publié le 11 février 2024 à 8h00

Source : JT 20h WE

D’après l’OMS, une pathologie baptisée "maladie X" pourrait potentiellement contaminer l’Homme dans les années à venir.
Tandis que certains y voient l’œuvre d’un complot international, des professionnels de santé semblent prendre la menace au sérieux.
Cette énigmatique maladie a été évoquée début janvier lors du dernier Forum économique mondial (FEM) de Davos.

Tandis que le SARS-CoV-2, détecté pour la première fois en Chine fin 2019, représente toujours un risque pour la santé publique mondiale, nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles pandémies planétaires. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère que  "631.000 à 827.000 virus sont aujourd'hui susceptibles de pouvoir contaminer l'homme". Parmi eux, celle que l’on surnomme désormais la "maladie X" pourrait bien mettre un jour l’humanité à genoux. Cette dernière a été évoquée pour la première fois publiquement en janvier dernier lors d’une table ronde organisée durant le Forum économique mondial (FEM) de Davos. Nommée "Preparing for a 'Disease X'", cette discussion a provoqué un vent de panique et de paranoïa sur les réseaux sociaux, bien qu’en réalité, il n’y a pas encore lieu de s’inquiéter.

Une maladie fictive qui fait grand bruit

Rassurez-vous tout de suite, "la maladie X" aurait bien du mal à contaminer quiconque, car à l’heure actuelle, elle n’existe pas. Elle n’est pas non plus le fruit d’expériences menées en laboratoire pour mieux contrôler la population mondiale, comme certains l’affirment sur les réseaux sociaux. Son nom aurait d’ailleurs dû nous mettre la puce à l’oreille : en mathématiques, la lettre "X" désignant généralement une inconnue. Si l’on écoute attentivement les prises de parole des différents intervenants de cette table ronde, la "maladie X" est en fait une hypothèse de travail, une épidémie imaginaire sur laquelle bûche l’OMS depuis 2018. "Le X dans 'maladie X' représente tout ce que nous ignorons. Il s’agit d’une nouvelle maladie dont nous saurons peu de choses lorsqu’elle apparaîtra : elle pourra ou non être mortelle, très contagieuse et constituer une menace à notre mode de vie", lit-on sur le site des Nations Unies. 

Au-delà des réactions démesurées que cette expression a pu susciter sur les réseaux sociaux, l’objectif pour l’agence de l’ONU pour la santé publique est d’agir vers une meilleure prévention et préparation aux pandémies futures après la crise catastrophique de la COVID-19. "Nous ignorons également quand et comment elle franchira la barrière virale et infectera les populations. En revanche, nous savons que la prochaine maladie X apparaîtra et que nous devons être prêts", étaye ce même article écrit par Richard Hatchett, directeur général de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), publié en 2021. 

Un agent pathogène "20 fois plus mortel que la Covid-19"

Pour l’OMS encore, la maladie X "représente la connaissance qu’une grave épidémie internationale pourrait être provoquée par un agent pathogène actuellement inconnu comme pouvant causer une maladie humaine". Aujourd’hui, la menace est d’autant plus sérieuse qu’une nouvelle variante du virus SARS CoV-2, le JN.1, entraîne une augmentation des cas et des troubles digestifs en France et dans le monde. La "maladie X", quant à elle, rejoint la liste restreinte des neufs maladies et agents pathogènes qui pourraient provoquer "une grave épidémie internationale", dont la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, la fièvre de la Lassa ou encore la maladie à virus Ebola. Si la maladie X n’est encore qu’une hypothèse, le Dr Tedros Ghebreyesus et patron de l’OMS redoute néanmoins qu’elle puisse être "vingt fois plus mortelle que la COVID-19". 

Pour aider au déploiement d’une réponse sanitaire et économique commune face à ces potentielles menaces, le Directeur général espère toujours que les 194 États membres de l’ONU se rallient derrière un accord international pour mieux combattre les futures pandémies. "L'accord sur la pandémie peut rassembler toute l'expérience, tous les défis auxquels nous avons été confrontés et toutes les solutions", a-t-il déclaré lors de la rencontre économique annuelle à Genève. Il précise que ce dernier pourrait inclure un système d’alerte précoce, l’organisation des chaînes d’approvisionnement et l’avance de la recherche et développement pour tester les vaccins. Pour l’heure, ce projet est toujours en cours de négociation, mais le temps presse : la date limite de signature est fixée au mois de mai prochain.


Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO

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