La bataille des retraites

Manifestations du 19 janvier : les lycéens ont-ils le droit de faire grève et de bloquer les établissements ?

Publié le 19 janvier 2023 à 12h23
JT Perso

Source : TF1 Info

À l'appel des syndicats, de nombreux travailleurs sont en grève ce jeudi 19 janvier pour s'opposer à la réforme des retraites.
Plusieurs mouvements de lycéens ont également appelé les élèves à se mobiliser pour faire entendre leur voix.
Au-delà des blocages d'établissement, les élèves des lycées ont-ils le droit de faire grève et que risquent-ils ?

Ce jeudi 19 janvier, lors de cette première journée de manifestations et de grèves contre le projet de réforme des retraites du gouvernement et de la majorité présidentielle, ils seront nombreux à prendre part aux cortèges. Plusieurs mouvements de lycéens - la Voix lycéenne (VL), la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) et le Mouvement national lycéen (MNL) – ont appelé les élèves à se mobiliser pour faire entendre leurs voix, à travers des blocages d’établissements notamment. 

"À demain, dernière ligne droite pour convaincre les boomers que la #ReformeDesRetraites est injuste et cruelle. On les fera plier !", lançait mercredi sur Twitter, à la veille de cette journée d’action, le président de la Voix lycéenne, Colin Champion. À Paris, des tentatives de blocages ont eu lieu ce jeudi matin dans plusieurs établissements, comme au lycée Hélène Bouche (20e arrondissement) ou au lycée Turgot (3e).

Bientôt des amendes pour les lycéens "grévistes" ?

Si la révolte estudiantine ne date pas d’hier, les élèves des lycées ont-ils pour autant le droit d’exercer le droit grève ? Le site internet du ministère de l’Éducation nationale, à la rubrique "Foire aux questions", apporte un premier élément de réponse : "Le décret n° 91-173 du 18 février 1991 relatif aux droits et obligations des élèves ne prévoit pas l'exercice d'un droit de grève par les lycéens", peut-on lire, sur le portail du ministère. "En revanche, ce texte mentionne l'obligation d'assiduité aux cours. Des élèves participant à des mouvements de grève encourent ainsi le risque d'être sanctionnés pour défaut d'assiduité en fonction de ce que le règlement intérieur de leur établissement prévoit", précise-t-il. 

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Dans une vidéo postée en novembre dernier sur le réseau social TikTok, le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, affirmait qu’un lycéen participant au blocage d’un lycée pourrait bientôt recevoir une amende. "Si vous êtes lycéen et que vous avez bloqué votre établissement scolaire, vous allez avoir une amende entre 500 et 1000 euros, truc mortel pour un jeune. Et si vous bloquez la circulation, là, pareil, c’est 800 à 1600 euros", s’alarmait l’ancien candidat à la présidentielle, faisant référence à l’examen de la loi dit Lopmi (orientation et programmation du ministère de l’Intérieur), qui doit permettre de punir certains délits sans passer par le tribunal.

Le leader des Insoumis appelait alors les lycées de France à signer une pétition en ligne afin de s'y opposer. Toutefois, comme l’explique un article de nos confrères de Franceinfo, le texte stipule que seuls les lycéens ayant atteint la majorité pourraient être visés par ces amendes. Par ailleurs, le Parlement n'a pas encore adopté cette nouvelle loi, le Conseil constitutionnel ayant été saisi sur le texte par plus de 60 députés le 19 décembre dernier. 


Matthieu DELACHARLERY

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