L'ONG Amnesty international dénonce "une érosion continue" des droits humains en France en 2023.
Selon l'association, les "restrictions excessives" au droit de manifester ou l'introduction ont contribué à ce mauvais bilan.
Elle s'inquiète notamment de la loi associée à l'utilisation de l'IA à des fins de surveillance durant les Jeux olympiques et paralympiques.

Des conclusions peu flatteuses. Amnesty International a rendu son bilan ce mercredi sur l'état des droits humains en France en 2023. Selon l'association, les résultats en la matière pour l'année dernière ne sont pas bons. "La situation des droits humains et du respect des droits humains en France se dégrade, a noté Jean-Claude Samouiller, président d'Amnesty International France, en marge d'une conférence de presse à Paris mardi. Il y a de plus en plus de discours de haine décomplexée." L'ONG voit dans ces derniers mois une "érosion continue" des droits humains dans le pays.

Restrictions de manifestation et utilisation de l'IA

En cause, selon elle ? D'abord, des "restrictions excessives" de la liberté de manifester. Réforme des retraites, lutte contre les mégabassines, soutien à la Palestine : lorsque que de tels rassemblements ont été autorisés, les autorités ont recouru de façon "abusive à la force dans le maintien de l'ordre", déplore Amnesty dans son rapport, citant "des dispersions violentes et des matraquages aveugles". La France a d'ailleurs été plusieurs fois rappelée à l'ordre à ce sujet par des instances internationales, notamment la Cour européenne des droits de l'homme, basée à Strasbourg (Bas-Rhin).

Autre point critiqué par Amnesty : la mise en place de la surveillance algorithmique via la loi préparée pour les Jeux olympiques et paralympiques, l'été prochain. En effet, à l'occasion de l'accueil de ces deux compétitions planétaires, l'intelligence artificielle sera mise en place à titre "expérimental" pour améliorer la sécurité de l'événement, selon les autorités.  Une première qui risque d'étendre "de manière excessive les pouvoirs de police en élargissant l'arsenal des équipements de surveillance de façon permanente", craint l'ONG, dont le siège se trouve à Londres (Royaume-Uni).

Demande d'abrogation des délits d'"apologie du terrorisme"

Enfin, un autre sujet est également abordé par l'association dans son rapport : la liberté d'expression. À ce propos, Amnesty International demande l'abrogation dans la loi des délits d'"apologie du terrorisme". "Il faut limiter la liberté d'expression sur les questions d'appel à la haine, mais l'apologie du terrorisme, c'est une infraction qui est définie de manière extrêmement vague et subjective, et qui donc représente en soi un risque d'atteinte à la liberté d'expression", développe Nathalie Godard, directrice de l'Action d'Amnesty International France. 

Cette question est revenue dans l'actualité ces dernières heures, après l’annonce de la convocation de la cheffe de file des députés insoumis Mathilde Panot par la police dans le cadre d'une enquête pour "apologie du terrorisme", ouverte après un communiqué de son groupe parlementaire le jour de l'attaque du Hamas contre Israël. 


T.A. avec AFP

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