Le médecin urgentiste Patrick Pelloux fait l'objet de plusieurs témoignages l'accusant par voie de presse de violences sexistes et sexuelles, et de harcèlement moral, notamment.
En réaction, le syndicat des internes des Hôpitaux de Paris a annoncé qu'il allait lancer un appel à témoignages auprès des internes qui sont passés dans les services où a exercé le professionnel.

Les violences sexistes et sexuelles n'épargnent pas l'hôpital. Le médecin urgentiste Patrick Pelloux, régulièrement invité sur les plateaux télévisés, est accusé par voie de presse de "harcèlement sexuel et moral" auprès de plusieurs de ses jeunes collègues, dans les différents services où il a exercé au sein des Hôpitaux de Paris.

En réaction, le syndicat des internes des Hôpitaux de Paris a annoncé sur le réseau social X qu'il allait lancer un appel à témoignages auprès des internes qui sont passés dans les services des différents établissements parisiens où a exercé le médecin. Les urgences de l'hôpital Saint-Antoine et les Samu/Smur de l'hôpital Saint-Antoine et de l'hôpital Necker sont cités.

Dans l'enquête de Paris Match, publiée ce mercredi 10 avril, la cheffe des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine, Karine Lacombe, rapporte notamment avoir été témoin et victime de violences verbales et sexuelles de la part de son collègue, qui fut son supérieur. Elle décrit un "comportement empreint de domination sexuelle", alors qu'elle devait travailler à ses côtés lors de la canicule de 2003.

Karine Lacombe raconte également l'agression dont fut victime une interne alors qu'elle se trouvait dos à l'urgentiste, ou encore les stratégies mises en place par les femmes du service pour éviter de travailler avec le médecin. Ce seraient ces actes systémiques envers ses collègues féminines qui auraient provoqué son départ des urgences de l'hôpital Saint-Antoine pour exercer au Samu/Smur de Paris, affirme auprès du média l'entourage de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé (2007-2010).

Face à ces accusations, le professionnel, actuel président de l'association des Médecins urgentistes de France (Amuf), dément. Auprès de Paris Match, il assure n'avoir "jamais agressé personne", tout en expliquant avoir été "trop grivois comme on l'était alors". Le médecin allègue par ailleurs qu'il a quitté les urgences de Saint-Antoine, non à la suite d'une affaire de harcèlement sexuel, mais pour une histoire de "jalousie" entre lui et son chef de service.

Les prémices d'un #MeToo à l'hôpital

Suite à ces accusations portées par Karine Lacombe, les témoignages, rapportant les violences sexistes et sexuelles que subissent les professionnelles à l'hôpital, se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Metoohopital. "Depuis 48h les témoignages affluent", a confirmé auprès de l'AFP Kahina Sadat, vice-présidente de l'Association nationale des étudiants en médecine (Anemf). 

"Ce n'est pas une surprise", a-t-elle souligné. Une enquête de l'Anemf, réalisée en 2021, montrait déjà l'omniprésence de ces violences : 38,4% des étudiantes en médecine disaient avoir subi du harcèlement sexuel pendant leurs stages hospitaliers, 49,7% des "remarques sexistes", et 5,2% des "gestes déplacés", entre mains aux fesses, attouchements et autres "gestes sexuels".

"Le sexisme et les violences sexuelles n'ont pas leur place à l'hôpital", a commenté ce 12 avril sur X le ministre de la Santé, Frédéric Valletoux. Le responsable du gouvernement a promis de réunir rapidement "associations, employeurs et professionnels" pour "travailler sur une réponse globale et ferme".


Aurélie LOEK

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