Emmanuel Macron s’exprime sur les violences sexuelles dans un entretien accordé à "ELLE".
Il revient sur la polémique née de ses propos au sujet de Gérard Depardieu, qui sera jugé en octobre prochain.
Le chef de l’Etat indique également qu’il souhaite un texte de loi sur le consentement d’ici la fin de l’année.

C’est (déjà) l’heure des bilans pour Emmanuel Macron. Après avoir accordé un grand entretien à La Tribune du Dimanche à l’occasion de ses sept ans de mandat, le président de la République s’exprime sur de nombreux sujets de société dans un entretien à paraître ce mercredi dans Elle. Alors que le cinéma français est secoué par le mouvement #MeToo, il revient notamment sur l’affaire Depardieu et la polémique née de sa défense de l’acteur, sur le plateau de "C à Vous" sur France 5 en décembre dernier.

"Diriez-vous encore qu’il rend fière la France ?", lui demandent les journalistes de l’hebdomadaire. "Il n’y a chez moi aucune complaisance. Juste une volonté de respecter nos principes, tels que la présomption d’innocence", répond le chef de l’Etat. "Ces mêmes principes qui vont permettre à la justice de statuer en octobre prochain et c’est une bonne chose", ajoute-t-il alors que le comédien sera jugé pour agressions sexuelles sur deux femmes lors d’un tournage en 2021.

"#MeToo a fait voler en éclat cette culture de l’omerta"

Quid de l’expression "chasse à l’homme" qu’il a utilisée à plusieurs reprises, en particulier dans le cas de la star de Cyrano ? "J’ai utilisé cette expression de manière non sexuée, si je puis m’exprimer ainsi", plaide-t-il. "Je n’aime pas les procès médiatiques, la justice par les tweets, et ce de manière générale. Nous sommes dans une société qui cherche à abattre les gens en quelques jours puis qui les oublie. Moi je suis plutôt dans le combat, le maquis."

Interrogé sur son rapport au mouvement #MeToo, Emmanuel Macron assure vouloir "l’accompagner du mieux possible. Le premier temps, c’est celui de la libération de la parole, après toutes ces années de souffrance et de non-dits. Avec cette écoute, accorder liberté confiance et bienveillance aux victimes. Ensuite il faut que la justice puisse faire son travail de manière apaisée et, donc, lui donner les moyens de le faire (…) Ma priorité est et a toujours été la protection des victimes et c’est aussi le cas pour l’affaire Depardieu".

Alors que les journalistes de Elle soulignent que 80% des plaintes pour violences sexuelles sont toujours classées sans suite – 1% aboutissant à une condamnation – le présidente de la République rétorque que les condamnations pour viol "ont augmenté de 30%"  sous son mandat. "#MeToo a fait voler en éclat cette culture de l’omerta. Hier le vol ne se disait pas, la culpabilité était portée par la victime qui avait tout à perdre, socialement et professionnellement. C’est en train de changer."

Enfin sur la question du consentement, remise sur la table suite aux révélations de la comédienne Judith Godrèche, Emmanuel Macron estime qu’il faut "arriver à la définir dans notre loi pour qu’elle soit claire, pleinement objectivable et respectueuse de nos principes. C’est le travail que j’ai demandé aux parlementaires. Ils sont en train de plancher sur ce sujet avec le garde des Sceaux pour qu’une proposition de texte puisse voir le jour d’ici à la fin de l’année."


Jérôme VERMELIN

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