La prestigieuse école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, basée à Guer (Morbihan), connaît une vague d'accusations de violences sexuelles ces derniers jours.
Trois enquêtes ont été ouvertes après "des faits de nature sexuelle commis au sein" de l'institution, selon la justice.
Des investigations menées alors que le mouvement #MeToo commence à prendre de l'ampleur.

Saint-Cyr Coëtquidan au cœur des accusations. Trois enquêtes ont été ouvertes après "des faits de nature sexuelle commis au sein" de la célèbre école militaire, a indiqué jeudi le parquet de Rennes (Ille-et-Vilaine). Basée à Guer (Morbihan), la prestigieuse institution fait face à une vague de témoignages de violences sexuelles ces derniers jours. "Le parquet militaire de Rennes a été destinataire de trois signalements (...) en date des 2, 16 et 29 novembre 2023", a précisé le procureur de la République de Rennes. Des faits qui auraient eu lieu "entre élèves entre juillet et novembre 2023", selon la même source.

La diffusion d'une enquête de France 2, mercredi, au sujet des violences sexuelles au sein de Saint-Cyr Coëtquidan mentionnait le cas d'une présumée agression sexuelle commise par un officier-encadrant de l'école. La direction du site a effectué un signalement supplémentaire auprès de la justice par rapport à ce nouveau témoignage, a-t-elle informé jeudi. "On ne sait pas de qui il s’agit, ni l’auteur, ni la victime, a souligné le général Hervé de Courrèges, commandant de Saint-Cyr. La justice fera la lumière sur cette dénonciation." Les autres trois signalements n'ont pas fait l'objet de plaintes "de la part des potentielles victimes", ajoute pour sa part le parquet.

Des accusations de violences sexuelles dans toute l'armée

L'armée française fait face ces dernières semaines à une vague de témoignages de femmes victimes de violences sexuelles en son sein, dans la veine du mouvement #MeToo. Manon Dubois, ancienne militaire, a libéré la parole en racontant, en mars, avoir été victime d'agressions sexuelles sur un bateau de la Marine nationale, en 2017, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Après avoir été aidé par sa hiérarchie, son agresseur n'est condamné, lui, qu'à verser 600 euros de dommages et intérêts et à suivre un stage de lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes à ses frais. 

Son histoire, relayée par les médias, a conduit le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, à diligenter début avril "une mission de protection des victimes et de sanction des agresseurs" au sein de l'armée. Ce n'est toutefois pas la première fois que le monde militaire est pointé du doigt pour laisser propager une ambiance pesante pour les femmes. Une enquête pour "viol" et "agression sexuelle" avait été ouverte en 2020 après le témoignage d'une élève du lycée militaire Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines), une des meilleures portes d'entrée vers la réputée formation bretonne. En 2018, une enquête de Libération dénonçait également le sexisme connu par les femmes au sein de cet établissement.

Le nombre de femmes au sein de l'armée française demeure encore très minoritaires par rapport aux hommes. Elles représentent aujourd'hui 15% des militaires, mais seulement 10% au sein de l'armée de terre, par exemple. 


T.A.

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