Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

Migrants : malgré l'injonction du Conseil d'État, la maire de Calais refuse (encore) d'ouvrir des points d'eau

Anaïs Condomines
Publié le 31 juillet 2017 à 16h57
Migrants : malgré l'injonction du Conseil d'État, la maire de Calais refuse (encore) d'ouvrir des points d'eau

Source : Sipa Press

JUSTICE - La maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart, a indiqué ce lundi après-midi ne pas vouloir se conformer à la demande du Conseil d'Etat, formulée quelques heures plus tôt. Elle n'installera donc pas dans sa ville les points d'eau leur permettant de boire ou de laver.

Elle préfère désobéir à la justice. La maire de Calais Natacha Bouchart a annoncé par voie de communiqué ce lundi après-midi qu'elle ne souhaitait pas se conformer à l'injonction du Conseil d'Etat d'installer dans sa ville des points d'eau à disposition des réfugiés.

Elle précise ainsi : "S'il ne saurait être question de mésestimer la situation d'extrême précarité des migrants, je ne puis accepter de mettre en place des installations qui réuniraient à nouveau les conditions de création de campements, de bidonvilles, et de points de fixation. (...) Mon devoir de maire est de protéger la population calaisienne. La décision de justice du Conseil d'Etat est une injustice pour les Calaisiens, car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d'une énième Jungle. Aussi, en l'absence de politique nationale et européenne offrant une solution globale de maîtrise de l'immigration, la ville de Calais ne donnera pas suite aux injonctions qui lui ont été faites."

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Ce n'est pas la première fois que la maire de Calais décide de contourner une décision de justice. Le mois dernier, le tribunal administratif de Lille lui avait imposé la même demande : à savoir installer des points d'eau dans la ville afin de donner aux réfugiés sur place l'opportunité de boire et de se doucher. Natacha Bouchart avait refusé, s'exposant ainsi à une amende de 100 euros par jour de retard.

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De son côté, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, lui aussi débouté par la décision du Conseil d'Etat, a d'ores et déjà annoncé la création de deux nouveaux centres dans le Pas-de-Calais ainsi que l'installation de "douches mobiles" dans la ville. L'idée, selon lui : "renforcer des dispositifs pour accueillir dignement tout en luttant le retour de campements."


Anaïs Condomines

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