La réforme des retraites présentée, oppositions et syndicats vent debout

Grève du 31 janvier : à quoi s'attendre pour le 2e round de la mobilisation contre la réforme des retraites ?

par Virginie FAUROUX
Publié le 25 janvier 2023 à 17h59, mis à jour le 28 janvier 2023 à 15h04
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les syndicats appellent de nouveau à la grève le 31 janvier contre la réforme des retraites, moins de deux semaines après la première mobilisation du 19 janvier.
Au nom de l'intersyndicale, Philippe Martinez (CGT) a appelé les Français à "se mobiliser encore plus massivement".
Transports à l’arrêt, écoles fermées… On fait le point sur les difficultés à venir.

Un nouveau tour de force ? Après leur succès du 19 janvier, qui a vu entre un et deux millions de personnes manifester contre la réforme des retraites, les syndicats espèrent faire aussi bien, voire mieux, le 31 janvier. "L'intersyndicale appelle toute la population à se mobiliser encore plus massivement le 31 janvier pour dire non à cette réforme injuste", a déclaré mercredi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, lisant la déclaration commune des syndicats, reçus peu après par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. 

"Nous pouvons compter sur le soutien de la population : la pétition intersyndicale rassemble, à date, 750 000 signatures. 70 % des Français rejettent la réforme et 2/3 des Français soutiennent les mobilisations", a-t-il encore affirmé, soulignant que "d'ici là, tous les jours, il y aura des initiatives partout sur le territoire, dans les entreprises et services, dans les lieux d’étude, y compris par la grève". Alors, au-delà de ces actions sporadiques, faut-il s’attendre à un mardi noir ?

Près de 200 lieux de rassemblement ont déjà été recensés, selon une carte mise en ligne jeudi par l'Unsa. 

À la RATP

À la RATP, les quatre syndicats représentatifs appellent "tous les agents de l'entreprise à exprimer leur refus de cette contre-réforme des retraites en participant à la grève et à la manifestation du 31 janvier". De plus, la CGT demande sur Facebook aux salariés à participer à "toutes les initiatives locales". Tandis que sur Twitter, le syndicat Solidaires prévient que "c’est aussi dans la rue que ça se passe", avec un slogan : "la mort au boulot ou la retraite à l'hosto". Il est trop tôt pour connaître l’ampleur des perturbations. 

En revanche, pas de nouvelle date prévue pour l’instant ; les organisations syndicales sont convenues de se revoir à partir du 1er février pour convenir des suites à donner. 

À la SNCF

La CGT Cheminots et Sud-Rail appellent les cheminots à "agir massivement par la grève le 31 janvier", deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites après celle, très suivie, du 19. Ce jour-là, le trafic SNCF avait été très fortement perturbé, avec un train sur trois et un train sur cinq selon les lignes TGV. Le réseau régional avait quant à lui vu circuler seulement un train sur dix. Les grévistes étant tenus de se déclarer au plus tôt 48h à l'avance dans les transports, on devrait en savoir plus sur les prévisions de trafic pour mardi ce dimanche 29 janvier en fin de journée.

Par ailleurs, dans un tract commun, les deux organisations ont appelé à "deux jours consécutifs de grève les 7 et 8 février" et exhorté "l'ensemble des autres secteurs" à s'y joindre, afin "d'élever le rapport de force". Elles ont proposé aux cheminots de "se réunir en assemblées générales dès le 31 janvier et de mettre en débat l'intensification de l'action" avec ces deux jours de mobilisation des 7 et 8 février, puis, au cas où le gouvernement ne reculerait pas, d'envisager la grève reconductible par périodes de 24 heures dès la mi-février (adaptable en fonction du calendrier interprofessionnel). 

Soulignons également que la CGT-Cheminots a déposé un préavis de grève qui court de ce mercredi 25 janvier à 19 heures jusqu’au jeudi 2 février à 8 heures. Et que la fédération FO des transports appelle les salariés à faire grève une heure par jour en début de service à partir du 31 janvier "pour désorganiser le fonctionnement des entreprises".

Dans l'Éducation nationale

Dans un communiqué commun, Sud éducation, l’Unsa éducation, la SGEN CFD, la FERC-CGT, FSU, la FNEC-FP-FO, Sud recherche EPST, Solidaires étudiant-es, le Snalc, l’Unef, le MNL et la Fage appellent à une grève reconductible dès le 31 janvier. Toutefois, à l’heure actuelle, on ne peut pas connaître l’ampleur de la mobilisation dans les écoles. En effet, les enseignants doivent se déclarer grévistes 48 heures à l’avance. De plus, le personnel du second degré, c’est-à-dire celui qui travaille dans les collèges et lycées, n’est pas concerné par cette obligation. Il peut donc participer à la mobilisation sans avertir préalablement l’autorité compétente.

Pour rappel, le jeudi 19 janvier, la première journée de mobilisation avait été très suivie, avec 65 % de grévistes parmi les professeurs du secondaire et 70 % parmi les professeurs du primaire, selon les syndicats ; 34,66 % et 42,35 % selon le ministère. 

Par ailleurs, dans un communiqué publié mardi 24 janvier, l’intersyndicale lycéenne, qui regroupe le MNL (Mouvement national lycéen), l’Union syndicale lycéenne, la Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), ou encore la Voix Lycéenne, appelle les lycéens à bloquer les lycées dès le 30 janvier et le mardi 31 janvier. "Nous encourageons et soutenons tous les blocages dès le 23 janvier, et ce, jusqu'au 31 janvier où l'ensemble du territoire devra être bloqué", écrivent-ils, avant d'ajouter : "À partir de cette date, reconduire les blocages chaque jour jusqu'à la victoire sera nécessaire si nous voulons faire plier le gouvernement".

Dans le secteur de l'énergie

La CGT Mines-Energie a commencé à s'organiser pour de nouveaux "temps forts" dans la mobilisation : coupures volontaires, gratuité pour certains clients, nouvelles baisses de production... Elle a prévenu, lundi 23 janvier, qu'elle ne s'interdira rien "jusqu'au retrait" du projet. Elle entend ainsi monter en puissance avant la prochaine journée nationale d'action du 31 janvier.

À côté de ces actions, des coupures ciblées, et tout aussi illégales, pourraient de nouveau avoir lieu dans les prochains jours, après celles qui ont touché la semaine dernière entre autres une députée Renaissance du Lot, le centre-ville de Montpellier, et les villes de Massy (Essonne) et Chaumont (Haute-Marne).

Concernant les centrales nucléaires, au moins trois d'entre elles ont appelé à une reconduction de la grève et pourraient procéder à de nouvelles baisses de production, à Civaux (Vienne), Golfech (Tarn-et-Garonne), et Paluel (Seine-Maritime), mais "quasiment toutes s'organisent pour qu'il y ait a minima une heure de débrayage par jour", selon Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT. 

De son côté, la CGT chimie avait pris les devants et annoncé, dès le départ et de façon unilatérale, plusieurs actions après le 19 janvier, dont une de 48 heures qui débute ce jeudi 26 janvier, puis une nouvelle de 72 heures le 6 février. Elle proposera ensuite une grève reconductible aux salariés du secteur.

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Dans les stations de ski

Enfin, les deux principaux syndicats de salariés des remontées mécaniques, Force ouvrière (FO) et la CGT, ont déposé des préavis de grève pour le 31 janvier, afin de protester contre le projet de réforme des retraites, mais aussi contre la modification du régime d'assurance chômage des saisonniers. Bien qu'"illimité", le préavis de grève déposé par FO ne signifie pas que les employés des remontées mécaniques ne reprendront pas le travail au terme de cette deuxième journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites, a précisé à l'AFP Eric Becker, secrétaire général FO des remontées mécaniques et saisonniers. 

"Les remontées fonctionneront normalement à partir du lendemain : nous ne voulons pas fragiliser encore des entreprises déjà en difficulté", a-t-il indiqué. "Ce préavis illimité" vise, selon lui, à respecter les délais légaux pour "permettre aux saisonniers de participer à la prochaine journée de mobilisation contre la réforme des retraites, qui devrait être décidée pour un jour de février".


Virginie FAUROUX

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