PLAINTE - La maire de Beaumont-sur-Oise, commune où Adama Traoré est mort lors de son interpellation par les gendarmes en juillet dernier, veut porter plainte pour diffamation contre la sœur d'Adama. Dans un communiqué, la famille parle d'une "décision honteuse".

Nathalie Groux relance la polémique. Quatre mois après la mort d'Adama Traoré lors de son interpellation par les gendarmes dans le Val-d'Oise, la maire de Beaumont-sur-Oise s'apprête à déposer plainte contre sa soeur Assa pour diffamation publique, selon Le Parisien et Buzzfeed. Pour appuyer sa décision, cette dernière se base sur des propos remontant au 28 septembre dernier. Assa Traoré est alors interviewée dans le "Gros Journal" de Canal+ où elle revient sur la mort de son frère Adama. 

Et c'est une déclaration bien précise qui va retenir l'attention de Nathalie Groux : "La maire de Beaumont-sur-Oise a choisi son camp, elle se met du côté des gendarmes, c'est-à-dire du côté des violences policières".

Face à des propos qu'elle juge donc diffamatoires, la maire a décidé de contre-attaquer en déposant plainte. Mais ce n'est pas tout. Selon Buzzfeed, elle va proposer au conseil municipal de prendre en charge "l'ensemble de ses frais d'avocat", soit 15.000 euros, ce jeudi soir. Joint par LCI, la mairie n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Une décision "honteuse"

Dans un communiqué publié ce jeudi, la famille réagit à une décision qu'elle juge "honteuse" et qui ne fait que "confirmer le mépris" de la municipalité à l'égard de la famille et des proches d'Adama Traoré. "Cette plainte est une insulte de plus à la mémoire de notre frère. Gageons que les habitants de Beaumont-sur-Oise auraient pu faire un meilleur usage de l'argent qui va être dépensé par la municipalité pour couvrir les frais judiciaires de Nathalie Groux", peut-on lire dans ce texte.

Malgré deux autopsies, la cause du décès du jeune homme n'a pu être établie avec certitude. Elles ont toutefois mis en évidence notamment un "syndrome asphyxique". Lors de son arrestation, le jeune homme avait été maintenu au sol sous "le poids des corps" de trois gendarmes, selon une source proche de l'enquête citant les déclarations de l'un des militaires. La famille, qui avait immédiatement évoqué une "bavure", a obtenu fin octobre le dépaysement de l'affaire, désormais instruite à Paris pour des faits de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.


Youen TANGUY

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