Mort du militant indépendantiste corse Yvan Colonna

Mort d'Yvan Colonna : nouvelle manifestation à Ajaccio, le commissariat pris pour cible

E.R. avec AFP
Publié le 3 avril 2022 à 19h13, mis à jour le 4 avril 2022 à 10h30
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Source : JT 20h Semaine

Près de 4000 personnes se sont réunies à Ajaccio ce dimanche pour la troisième manifestation depuis la mort d'Yvan Colonna.
Le commissariat a été pris pour cible avec des cocktails Molotov.
Une trentaine de blessés ont été comptabilisés.

Ce dimanche 3 mars a été marqué par une nouvelle manifestation à Ajaccio en Corse. 3000 à 4000 personnes se sont rassemblées, selon les autorités. Il s'agit de la troisième journée de protestation organisée à l'appel d'organisations nationalistes depuis le meurtre de l'indépendantiste Yvan Colonna par un co-détenu de la prison d'Arles. 

Dans le cortège se trouvait notamment le frère d'Yvan Colonna, mais aussi Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de Corse, Charles Pieri, ex-leader présumé du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), ou encore Paul-Félix Benedetti, le leader du parti indépendantiste Core in Fronte.  Ce dernier s'est opposé aux forces de l'ordre en leur intimant d'arrêter de tirer alors qu'une canalisation de gaz d'un immeuble était en feu.

De cocktails Molotov sur le commissariat

Et comme lors des deux premières manifestations organisées les 6 et 13 mars à Corte et Bastia, des tensions ont éclaté en fin de cortège, malgré un important dispositif de sécurité et des dizaines de projectiles saisis avant le début de l'événement. Le commissariat d'Ajaccio a notamment été pris pour cible par les manifestants. 

De nombreux cocktails Molotov ont été lancés sur l'établissement, comme le montre une vidéo tournée par Corse Matin. Une trentaine de personnes ont été blessées en marge de la manifestation. 

En début de soirée, les CRS ont commencé à se replier et la tension est redescendue pendant quelques minutes. Mais une dizaine de minutes plus tard, un immense feu de poubelles a été allumé. Une action qui a vu les forces de l'ordre revenir en nombre. Plusieurs dizaines de manifestants dont certains sont cagoulés ont incendié un container qui sert de boucliers.

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Entamés vers 16h, aussitôt après l'arrivée du cortège à la préfecture, ces heurts entre 150 à 200 jeunes gens, souvent cagoulés et équipés de masques à gaz, et les policiers, se poursuivaient encore vers 23h. Répondant aux jets de cocktails Molotov et de bombes agricoles, les policiers répliquaient avec des lances à eau, des grenades lacrymogènes et des grenades assourdissantes. En fin de soirée, les manifestants utilisaient notamment des panneaux électoraux comme projectiles.

Selon la préfecture, ces affrontements ont fait 15 blessés, 14 manifestants et un policier, dont trois blessés graves. Parmi eux, une femme de 54 ans touchée à une jambe.

Lundi matin, Emmanuel Macron a jugé "inacceptables" les violences la veille en Corse, et affirmé qu'il n'y aurait "pas de discussion" sans "retour à l'ordre préalable". "Ce que j'ai vu ce week-end est inacceptable, y compris avec des responsables politiques en tête de cortège", a-t-il dit sur France Inter.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est engagé, lors de sa visite en Corse en mars à ouvrir "dès la première semaine du mois d'avril" un processus de négociations sur "l'ensemble des problématiques corses", dont "l'évolution institutionnelle vers un statut d'autonomie restant à préciser". 

Si aucune date n'a pour l'instant été confirmée, Gérald Darmanin et Gilles Simeoni ont signé un document le 18 mars dans lequel ils ont convenu que la mise en œuvre de ce processus historique ne pouvait "s’envisager que dans un cadre général apaisé et calme".


E.R. avec AFP

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