"Pour elle, c'était un miracle" : bloquée par une grève, une religieuse parvient à donner son rein grâce à un taxi

Publié le 17 février 2024 à 11h58

Source : JT 20h WE

Alors qu'elle devait se rendre à Toulouse en vue d'une greffe de rein, une religieuse a raté son avion en raison d'un blocage de l'aéroport de Nantes.
Averti de la situation, un chauffeur de taxi qui participait à la protestation a décidé d'emmener gratuitement la sœur dominicaine en voiture jusqu'à Toulouse.
"On peut faire des gestes de temps en temps, on est humain", a réagi Mounir Jouad.

C'est une rencontre improbable qui redonne foi en l'humanité. Le 14 février dernier, alors que des chauffeurs de taxi bloquaient l'accès à l'aéroport de Nantes pour protester contre la concurrence déloyale des VTC, une religieuse a raté son vol à destination de Toulouse. Comme le raconte France Bleu, la sœur dominicaine du Saint-Esprit de Pontcalec a bénéficié d'un beau geste de solidarité. 

Alors qu'elle discutait avec les manifestants, un chauffeur de taxi touché par son histoire s'est proposé de l'emmener gratuitement à destination. "Elle partait à Toulouse pour donner son rein à son frère. C'était une urgence vitale", a confié au Figaro Mounir Jouad qui s’est porté volontaire pour faire six heures de route. Comme le précise une proche de la sœur au quotidien, cette dernière devait effectuer des examens médicaux en vue d'une greffe pour son frère. 

Pour elle, c’était un miracle que quelqu’un l’amène
Mounir Jouad

"On a parlé de tout et de rien. Elle m'a raconté son histoire de greffe avec son frère", confie le chauffeur de taxi de confession musulmane qui raconte avoir discuté de religion, de valeurs et principes avec sa passagère. "Pour elle, c’était un miracle que quelqu’un l’amène", poursuit l'homme de 43 ans qui n'a pas hésité à faire l'aller-retour dans la nuit afin d'être rentré à temps à Nantes pour déposer ses enfants à l'école. 

"Je suis parti pour donner un coup de main. C’est rendre un service aux gens", assure Mounir Jouad qui n'a pas pensé un instant faire payer la course de nuit qu'il aurait facturée environ 1600 euros en temps normal. Une cagnotte a par ailleurs été lancée par ses confrères grévistes pour participer aux charges et couvrir une partie des frais. 

"Mais même si je ne rentre pas dans mes frais, ce n'est pas grave. On peut faire des gestes de temps en temps, on est humain", a conclu Mounir Jouad qui attend à présent un coup de fil sa passagère qui a promis de donner de ses nouvelles.


Rania HOBALLAH

Tout
TF1 Info