Natalité en chute, espérance de vie en hausse… Ce qu'il faut retenir du bilan démographique de l’Insee

Publié le 16 janvier 2024 à 12h00

Source : JT 20h Semaine

L’institut national de statistique publie ce 16 janvier un état des lieux de la démographie française.
Parmi les constats dressés, la chute de la fécondité, quasi-inédite depuis la Seconde Guerre mondiale.
L'espérance de vie augmente, à 85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes.

Combien de bébés sont nés en 2023 ? Y a-t-il une hausse de la mortalité, comme c’est le cas depuis la pandémie ? Et comment se porte notre population ? Autant de questions auxquelles l’Insee tente de répondre chaque année, dans son bilan démographique. Publié ce mardi 16 janvier, ce rapport fait office de panorama de la société française en 2023. Voici ce qu’il faut en retenir.

"Baby crash"

En 2023, 678.000 naissances ont eu lieu en France, soit 48.000 de moins que l’année précédente, ce qui constitue une baisse de 6,6 % sur cette période. En 13 ans, depuis 2010 et le dernier pic observé des naissances, cela représente même une chute d’environ 20%, selon l’Insee. Pour certains observateurs, on assisterait tout simplement à un "baby crash", en opposition au "baby-boom" connu après la Seconde Guerre mondiale.

L’organisme attribue cette baisse à celle du taux de fécondité, également constaté l’année dernière : "Entre 2010 et 2016, la baisse du nombre de naissances était la conséquence à la fois d’une baisse de la population des femmes et de leur fécondité. De 2016 à 2023, la population féminine âgée de 20 à 40 ans est globalement stable. Les baisses récentes du nombre de naissances s’expliquent donc principalement par le recul de la fécondité". 

Une chute inédite de la fécondité

Ainsi, l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) n’a jamais été aussi bas en France depuis la Seconde Guerre mondiale, excepté en 1993 et 1994. Ce taux "s’établit à 1,68 enfant par femme en 2023, après 1,79 en 2022". A contrario, lors du dernier pic de naissances de 2010, l’ICF était supérieur à 2 naissances par femme (2,03). Si le taux de fécondité est en recul dans toutes les classes d’âge, il chute à un niveau historique pour les femmes âgées de 30 à 40 ans, relève encore l’Insee. 

Par ailleurs, les femmes sont, comme en 2022, âgées de plus de 30 ans au moment de leur grossesse, puisque "l’âge moyen à la maternité s’élève à 31 ans, contre 29,5 ans vingt ans plus tôt". Cette chute du taux de fécondité s’observe dans toute l’Union européenne : en 2021, la France restait même le pays européen le plus fécond, rappelle cependant l’Insee. À noter que des données plus récentes de l’ICF européen ne sont pas encore disponibles sur Eurostat. 

Première baisse de la mortalité depuis 2020

Autre fait de 2023, la baisse de la mortalité après trois années de hausse dues au Covid-19. S’il reste plus élevé qu’avant la pandémie, le nombre de décès est en nette baisse l’année dernière, avec 631.000 morts recensées en France : c’est 6,5 % de moins qu’en 2022, selon l’Insee qui rappelle que "l’augmentation de la mortalité a été sans commune mesure en 2020 du fait des pics de mortalité lors des deux premières vagues de la pandémie et les décès sont restés à un niveau élevé en 2021 et 2022".

Ainsi, l’espérance de vie à la naissance atteint les 85,7 ans pour les femmes et les 80 ans pour les hommes, dépassant "les niveaux de 2019". C’est la première fois que celle des hommes atteint l'âge de 80 ans. Elle augmente aussi pour les femmes sur une année, puisqu'elle était de 85,1 ans en 2022. Une hausse est aussi notable pour l’espérance de vie à 60 ans, qui "retrouve un niveau supérieur à celui de 2019" et s’établit à 27,9 ans pour les femmes et à 23,7 ans pour les hommes.

La France de plus en plus âgée

Par ailleurs, le vieillissement de la population se constate bel et bien en 2023, avec pas moins d’un Français sur cinq étant âgé de 65 ans ou plus (21,5%) et d’un Français sur dix âgé de 75 ans ou plus (10,4%). Comme le souligne l’Insee, "cette proportion augmente depuis plus de trente ans et le vieillissement de la population s’accélère depuis le milieu des années 2010, avec l’arrivée à ces âges des générations nombreuses du baby-boom dont les plus anciennes auront 78 ans en 2024". Ces mêmes proportions se retrouvent dans l’UE, qui vieillit elle aussi. 


Caroline QUEVRAIN

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