Non, l’alcool ne vous aidera pas à mieux dormir, bien au contraire

par Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO
Publié le 17 février 2024 à 18h00

Source : JT 13h Semaine

Si l’alcool vous maintient éveillé lorsque vous êtes d’humeur festive, quand vient l’heure de se coucher, c’est une autre histoire.
Bien que nous ayons tous des sensibilités différentes, cette mauvaise habitude ne vous permettra pas toujours de "tomber de fatigue".
Voici pourquoi l’idée selon laquelle l’alcool aide à l’endormissement repose sur un malentendu.

Il existe une idée généralement admise que l’alcool aiderait à rejoindre plus rapidement les bras de Morphée. L’alcool ayant un effet sédatif, certaines personnes ressentent plus de facilité à s’endormir après un ou deux verres. Cependant, l’alcool ne peut en aucun cas devenir une solution pérenne ou la bonne stratégie pour lutter contre certains troubles du sommeil. Non seulement la consommation d’alcool endommage le foie, qu’en plus, elle vous réveillera très probablement au petit matin en vous empêchant de vous rendormir.

Comment l’alcool augmente-t-il les troubles du sommeil ?

La consommation excessive de boissons alcoolisées dégrade les différentes phases du sommeil, qui doivent pourtant s’enchaîner symphoniquement pour profiter d’une bonne nuit réparatrice. Des répercussions néfastes pour l’organisme que nous résume le docteur Sylvie Royant-Parola, psychiatre et spécialiste des troubles du sommeil :  "La fin de nuit devient très problématique avec un morcellement du sommeil paradoxal et par conséquent beaucoup plus de rêves, de cauchemars et d’agitation", expliquait-elle pour l’association France Assos Santé en 2021. 

Avec l’alcool, la dernière phase du cycle du sommeil avant le réveil — qui joue notamment un rôle important dans le processus de mémorisation — devient désagréable pour les oiseaux de nuit. "La seconde partie de nuit est généralement extrêmement pénible, ponctuée de réveils, de confusions, de troubles digestifs", poursuit-elle. La déshydratation et un besoin fréquent d’uriner s’ajoutent à cette liste de facteurs, à cause des mécanismes d’élimination de l’alcool par le corps. Au réveil enfin, la fameuse "gueule de bois" se chargera de vous faire payer le prix fort vos excès de la veille.

Comment éviter les lendemains difficiles ?

En maîtrisant votre consommation d’alcool, il est possible de renverser la situation à votre avantage. En fonction de votre sexe, poids et taille, il est vivement conseillé de laisser passer deux à quatre heures entre votre dernier verre et le moment de vous glisser sous la couette. Pour rappel aussi, l’alcool et les médicaments contre l’insomnie ne font pas bon ménage. Ce cocktail est dangereux pour la santé, avec des risques d’altération du jugement, une diminution des capacités motrices ou encore une aggravation des effets de l’alcool. Lors d’une soirée ou d’un dîner, buvez un verre d’eau entre deux verres d’alcool. Cette astuce ne baissera aucunement votre taux d’alcool, mais atténuera certains effets désagréables de la gueule de bois. 

Pour éviter la veisalgie, évitez le plus possible les alcools forts et gazéifiés. Le champagne, le prosecco ou encore le vin mousseux ont la réputation de monter rapidement à la tête. Comme le rappelle le Daily Mail, "la carbonatation [le processus de dissolution du dioxyde de carbone gazeux, NDLR] accélère les effets de l’alcool". Dernier conseil : ne buvez pas l’estomac vide ! Pour contrer les effets de l’alcool, ne faites ni de repas trop riches ni trop légers. La bonne stratégie est d’apporter à votre corps les lipides, glucides, protéines, vitamines et bonnes graisses qui aideront à prévenir les inflammations de la paroi du tube digestif.


Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO

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