Non, Valls n'offre pas les maisons à 1 euro de Roubaix aux migrants

Le service METRONEWS
Publié le 8 septembre 2015 à 7h35
Non, Valls n'offre pas les maisons à 1 euro de Roubaix aux migrants

DESINTOX – Un site proche de l’extrême droite profite d’un canular d’un site parodique belge pour faire circuler une fausse information selon laquelle Manuel Valls offrirait aux migrants des maisons à Roubaix, dans le Nord.

"#Roubais (sic) #1000maisons pour les réfugiés et statut de résident permanent". Depuis quelques jours, un faux tweet de Manuel Valls circule sur la toile, notamment dans les milieux proches de l’extrême droite. Dans ce message, le Premier ministre aurait offert aux migrants les maisons à 1 euro que la mairie de Roubaix veut mettre en vente. Problème : l’information, comme le tweet, est un canular issu d’un site parodique belge.

La (fausse) information surfe sur une vraie information, qui avait fait la une au mois de juillet dernier. La ville de Roubaix révélait alors vouloir rénover certains quartiers et proposait de vendre certaines des maisons inhabitées pour 1 euro symbolique. De cette information, le site parodique belge Nordpresse.be en a imaginé un canular, selon lequel Manuel Valls offrirait ces maisons aux migrants, repris très sérieusement dimanche par le site " La gauche m’a tuer ". Un site créé par Mike Borowski, un ancien "jeune populaire" de l'UMP passé depuis à l'extrême droite détaille lemonde.fr .

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Un sujet sensible

Pour asseoir la crédibilité de son "information", le site Nordpresse.be imagine un échange sur Twitter entre le Premier ministre et Guillaume Delbar, le maire LR de Roubaix. "Nous sommes solidaires et fiers de les accueillir", aurait écrit l’édile en réponse au tweet du Premier ministre. Sauf que : comme le relève La Voix du Nord , l’échange entre les deux élus n’a jamais existé.

"Plus c’est gros", plus ça passe, commente auprès de nos confrères le créateur du site parodique belge qui reconnaît toutefois que son article peut porter préjudice. "La démarche reste de piéger ce genre de sites. Ça peut les décrédibiliser", se défend-il. Côté mairie, on reconnaît avoir eu plusieurs appels à ce sujet depuis une quinzaine de jours. La ville a pris contact avec le site proche de l’extrême droite, lui indiquant "l’inexactitude" de l’information relayée, mais sans effet pour le moment, puisque l'article est toujours en ligne ce mardi. Elle a également préparé des courriers de démenti, prêts à partir si jamais la rumeur enflait. Et c’est tout. "Il y a une crainte de mettre le doigt publiquement là-dessus, explique la ville. On est donc vigilant. D’autant qu’on est sur des sujets graves. On n’aime pas porter plainte, mais si ça va trop loin, on se réserve le droit de le faire".

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