Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

Notre-Dame : où en est l'enquête, trois ans après l'incendie ?

Thomas Guichard avec l'AFP
Publié le 15 avril 2022 à 6h27
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'enquête n'a toujours pas élucidé les causes de l'incendie géant du 15 avril 2019.
Le scénario d'une imprudence lors de la restauration est privilégié.
Celui d'un acte volontaire n'est toutefois pas écarté.

Le mystère reste tout entier, trois ans après. Ce 15 avril 2019, alors qu'il était en plein travaux de restauration, l'édifice vieux de plus de 850 ans et connu à travers le monde entier s'était embrasé à une vitesse folle et avait perdu sa flèche, sa toiture, son horloge et une partie de sa voûte, ravagées par les flammes en quelques heures. 

Depuis, les investigations, menées par la Brigade criminelle sous la houlette de trois juges d'instruction parisiens, sont toujours en cours et n'ont toujours pas permis d'établir avec certitude la cause du sinistre. Le scénario d'une imprudence est privilégié par les enquêteurs à celui d'un acte volontaire. Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que l'incendie était "accidentel à 99%", tout en ajoutant : "On ne saura sans doute jamais la cause du départ du feu".

L'imprudence privilégiée

En juin 2019, au terme de l'enquête préliminaire, le procureur de Paris Rémy Heitz avait indiqué privilégier la piste accidentelle, évoquant un mégot mal éteint ou un dysfonctionnement électrique, rien ne semblant accréditer la piste criminelle. Ce mercredi, une source judiciaire a indiqué à l'Agence France-Presse que "les hypothèses d'une intervention humaine volontaire ou d'un dysfonctionnement électrique, si elles ne sont pas privilégiées, ne peuvent être totalement écartées avec certitude à ce stade des investigations." "Celles de l'imprudence d'un fumeur ou d'une imprudence de chantier par utilisation d'un outil générateur d'étincelles notamment restent également à l'étude", a ajouté cette source. 

Seule certitude : la zone de départ de feu, "confirmée comme étant (...) la sablière du mur gouttereau du chœur à l'angle sud-est de la croisée du transept", a précisé la source judiciaire, soit un élément en bois de la charpente. Les enquêteurs ont d'abord procédé pendant de longs mois à des prélèvements sur les lieux du drame, au milieu de centaines de mètres cubes de décombres, dans des conditions parfois difficiles à cause de la fragilité de l'édifice et des "interruptions liées à la crise sanitaire (du Covid) et par les règles de sécurité relatives à la présence de plomb dans les gravats", selon la source judiciaire. 

Des défaillances de sécurité

S'en est suivi une phase d'analyses, qui n'est toujours pas achevée : "deux des cinq expertises ordonnées par les magistrats instructeurs ont à ce jour donné lieu au dépôt d'un rapport final", selon la source judiciaire. De nouvelles expertises des gravats auraient été lancées et devraient durer encore plusieurs mois.

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Parallèlement aux recherches sur place, des auditions ont été menées. Une centaine de témoins ont été entendus durant les deux de l'enquête préliminaire menée par le parquet de Paris. Elles ont ainsi permis de détecter plusieurs défaillances dans la sécurité de la cathédrale, notamment dans son dispositif d'alarme, ce qui a contribué à retarder l'appel aux pompiers le jour de l'incendie, ou sur le système électrique d'un des ascenseurs. Ces dysfonctionnements, vraisemblablement pas à l'origine de l'incendie, ont dû permettre aux flammes de se propager dans l'édifice.


Thomas Guichard avec l'AFP

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