"Nous ne sommes pas préparés" : le maire de Gironde "roué de coups" revient sur son agression

La rédaction de LCI
Publié le 6 août 2020 à 10h39
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Source : TF1 Info

TÉMOIGNAGE - Deux jours après son agression, dans sa commune de Saint-Philippe d'Aiguille (Gironde), après avoir protesté contre du tapage nocturne, ce qui lui a valu mercredi le soutien du Premier ministre, Philippe Becheau est revenu sur "la violence" qui a marqué cette soirée et qu'il "redoutait."

 "Des incivilités il y en a toujours, mais cette violence-là..." Philippe Becheau, maire d'un petit village de Gironde frappé mardi soir dans sa commune de Saint-Philippe d'Aiguille, est revenu ce jeudi pour LCI sur son agression qu'il "redoutait quelque part".

"C'est compliqué", a-t-il confié deux jours après les faits, précisant que "les douleurs, ça va, c'est pas très grave mais c'est surtout l'aspect psychologique". Et de poursuivre : "Je ne suis, et nous ne sommes pas, nous maires, préparés à ce genre d’événements."

Pointant "une époque où le respect de l'autre est un peu oublié", Philippe Becheau a expliqué que les personnes impliquées dans son agression survenue après qu'il a protesté contre du tapage nocturne, "ont refusé l'autorité".

Et de détailler : "ils n'ont pas voulu que je puisse leur adresser la parole, c'était très compliqué et l'état d'ébriété de ces gens-là  a certainement accentué ce qu'il s'est passé. Peut-être que s'ils avaient été dans un état normal, on aurait pu avoir une discussion normale parce que je leur demandais simplement de baisser la musique."

"On est au premier rang"

Revenant sur le contexte dans lequel s'inscrit cette agression, le maire de Saint-Philippe d'Aiguille a tenu à souligner que "dans nos petits villages, on n'a pas des forces de l'ordre, on n'a pas de services sociaux et le maire est celui qui doit tout faire et sait tout" dans l'esprit des administrés, et ce bien que "l'Etat nous a mis des conciliateurs de la République pour nous aider dans cette démarche-là".  Évoquant des "appels pour tout : le chien, la tondeuse...", il a esquissé le quotidien d'un maire rural : "On donne de notre temps pour rendre service aux habitants, on est au premier rang et on est confrontés à tout un tas de querelles de voisinages".

Quant à l'éventualité de renoncer à sa mission de maire, il s'est "posé la question" la nuit qui a suivi l'agression durant laquelle il a été hospitalisé, admet-t-il. "Parce que je me suis engagé dans cette commune plutôt dans un esprit de bâtisseur, de vivre-ensemble", conclut-il, ému par ces récents événements.

Pour rappel, le maire de cette commune de 400 habitants à l'est de Libourne, avait été alerté vers 22h30 par des voisins se plaignant du bruit sur la place du village, d'un groupe de personnes écoutant de la musique trop forte.

Philippe Becheau, après avoir fait état de sa qualité de maire, a demandé à la vingtaine de personnes présentes de baisser le volume, ce qui a été fait, a-t-il eu l'occasion de préciser sur CNews. Sentant la situation mal tourner, il est parti mais a chuté. C'est à ce moment-là qu'un homme l'a frappé, en dépit des efforts faits par une autre personne pour maîtriser l'agresseur, a-t-il poursuivi. Le maire s'est vu prescrire cinq jours d'ITT (incapacité totale de travail).

Jean Castex le Premier ministre tout comme le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et la préfète de Gironde et Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio, lui ont rapidement témoigné leur soutien, condamnant fermement cette agression.


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