Au lendemain de la présentation de la réforme des retraites, les syndicats ont appelé à une journée de mobilisation jeudi 19 janvier.
Selon eux, cette mesure est profondément injuste, car elle va pénaliser certaines catégories de la population.
Et notamment ceux qui ont commencé à travailler entre 18 et 22 ans, avec des emplois parfois physiques et pénibles.

Au lendemain de la présentation de la réforme des retraites, la bataille est lancée : les syndicats unanimes se préparent à protester dès le 19 janvier, par des grèves et dans la rue, contre le report de l'âge légal à 64 ans. La Première ministre a pourtant défendu des "avancées" sur l'emploi des seniors, les "carrières longues" et la prise en compte de la pénibilité. Mais beaucoup s'estiment perdants, notamment ceux nés dans les années 70 et qui ont démarré dans la vie active plus tôt que les autres. 

Xavier Dymey, plombier de formation, est de ceux-là. Il a commencé à travailler avant 18 ans. Alors pour lui, cette réforme signifie un an de cotisation en plus. Et alors que les semaines de travail sont déjà très musclées, pour lui, ce n'est pas une bonne nouvelle que de prolonger douze mois de plus. "Je pense qu'on est sacrifié", lance-t-il dans la vidéo du JT de 13H en tête de cet article. Xavier se demande par ailleurs combien de temps son corps va tenir. "Moi, j'ai déjà deux infiltrations dans le genou gauche, une infiltration dans le genou droit et deux infiltrations dans les cervicales. Donc, il arrive un âge où on commence à être fatigué. 64 ans, ça va être très dur pour nous", poursuit-il.

Je vais être plus âgée probablement que les patients que je soignerai. Dans quelles conditions ? Qui va être garant de mon état de santé à moi ?
Sophie Idel, infirmière

De son côté, Sophie Idel, infirmière à domicile en zone rurale, est née en 1975. Elle aussi devra cotiser plus longtemps, et subit également des semaines chargées. "Je travaille du lundi au dimanche et environ 10 heures par jour", explique-t-elle. Certes, il y a aussi des semaines de repos, mais les cadences s'accélèrent. Sophie travaille en plein désert médical, les journées sont en conséquence à rallonge. Et elle ne croit pas pouvoir tenir le rythme jusqu'à 64 ans. "Ce n'est pas qu'une fatigue physique, on a également une fatigue morale, une fatigue psychologique. 64 ans, ce n'est pas possible. Aujourd'hui, dans les conditions actuelles de travail, humainement, c'est pas possible", ajoute-t-elle. 

Tous les jours, cette infirmière parcourt plus de 100 km. La retraite, elle en rêve, mais pas si tard. "J'ai peur de devoir travailler jusqu'à ce que malheureusement, je ne puisse plus travailler. Je vais être plus âgée probablement que les patients que je soignerai. Dans quelles conditions ? Qui va être garant de mon état de santé à moi ? Personne", avoue-t-elle. 

Cotiser plus longtemps malgré la pénibilité du travail, la question se pose aussi pour Arnauld Dufour, fromager, qui sollicite sa force physique et son endurance en soulevant des meules de fromage. "Celle-ci fait 35 kg", lâche-t-il, avant d'enchaîner : "Moi, je travaille 12 heures par jour, 6 jours sur 7, donc on n'est pas loin des 70 heures par semaine". Né en 1973, il a déjà pratiqué plusieurs métiers : chimie, informatique, conseil aux entreprises... Pour lui, la réforme actuelle ne suffira pas, et il est déjà prêt à cotiser plus longtemps encore. "Dans ma tête, c'est pas avant 70 ans. J'ai déjà eu 4 ou 5 métiers différents et je sais que j'en aurai d'autres. On va continuer à s'adapter, à s'organiser et à s'ajuster. Voilà, c'est la vie", conclut-il, fataliste. 

La France compte aujourd'hui 17 millions de retraités. La pension moyenne est de 1340 euros net par mois. 


V. F - Reportage vidéo : François-Xavier Ménage et Olivier Cresta

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