La mairie de Paris et les boulistes d'un club de pétanque de Montmartre se livrent une bataille acharnée depuis des mois au sujet d'un terrain du XVIIIe arrondissement.
Les amateurs du jeu seront expulsables samedi du site, qu'ils occupent depuis 1971, au profit d'un espace vert rénové par un hôtel mitoyen.
Ces passionnés comptent occuper jour et nuit leur terrain pour contester cette décision.

Ils ne comptent pas baisser les bras. Les membres du CLAP (Club Lepic Abbesses Pétanque) seront expulsables à partir de samedi de leur terrain de pétanque, situé derrière la très chic avenue Junot, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Si l'affaire peut paraître anodine, cela fait en fait des mois que les amateurs de cette association basée à Montmartre se battent contre la mairie de la Paris. Leur objectif ? Conserver l'endroit où ils jouent aux boules depuis 1971. 

Alors qu'ils devraient en théorie avoir quitté les lieux ce week-end, certains des quelque 300 licenciés du club qui "n'acceptent pas la décision de la mairie de nous expulser" se sont "organisés en collectif pour dormir sur place" dans des tentes, a indiqué Maxime Liogier, le porte-parole du CLAP. Cette "occupation nocturne", qui concernera "chaque nuit entre cinq et six personnes", doit empêcher la mairie de "venir changer la porte pendant la nuit", a-t-il ajouté, précisant que l'initiative vient "des licenciés" et non de la direction. 

Fabien Galthié et Pierre Richard au secours des boulistes

Il y a quelques jours, ces derniers avaient déjà organisé un "buffet campagnard solidaire" pour médiatiser leurs revendications, espérant faire céder la majorité municipale. L'acteur Pierre Richard était présent pour afficher son soutien aux boulistes. Sans succès. Un célèbre licencié, le sélectionneur de l'équipe de France de rugby Fabien Galthié, a lui aussi pris la parole lundi dans L'Équipe pour dénoncer l'expulsion du CLAP. "Comment peut-on fermer une association sportive qui fonctionne au détriment de 300 adhérents et au profit d'une exploitation privée ? C'est inadmissible", a taclé l'entraîneur dans le quotidien sportif. 

Le projet de la mairie est en effet décrié : celle-ci prévoit de récupérer le terrain de boules pour en faire un "espace vert accessible" à tous les Parisiens qui "en ont été trop longtemps privés" par ce club privé. L'été dernier, les élus de la capitale, divisés sur le sujet, ont confié pour douze ans cette parcelle à l'hôtel haut de gamme mitoyen au site. L'établissement s'est alors engagé à verser une redevance annuelle de 60.000 euros, la végétaliser et l'ouvrir au grand public. De leur côté, les boulistes reprochent à l'hôtel de vouloir "agrandir sa terrasse" et redoutent avec leur départ la fin "d'un des derniers lieux de quartier à Montmartre", transformé par le tourisme de masse.

Si ses licenciés continuent d'occuper le terrain de pétanque, le CLAP s'expose à 500 euros d'amende par jour. Mais ses dirigeants espèrent que la mairie n'appliquera pas ces pénalités. "Une décision a été rendue, c'est à l'association de prendre ses responsabilités, a répondu cette dernière vendredi matin. Et à la justice de mettre en œuvre les mesures d'astreinte prévues en cas de non-exécution."


T.A. avec AFP

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