Accidents, excès de vitesse : la mairie de Paris menace de supprimer les trottinettes en libre-service

Publié le 1 juillet 2021 à 13h39
Accidents, excès de vitesse : la mairie de Paris menace de supprimer les trottinettes en libre-service

Source : Ludovic MARIN / AFP

TRANSPORTS - La municipalité pose un ultimatum aux opérateurs privés de trottinettes en libre-service. Objectif : faire davantage respecter la réglementation et brider la vitesse des véhicules. Sans quoi leur contrat ne sera pas renouvelé.

Quelques semaines après la mort d’une Italienne de 32 ans, percutée mi-juin par une trottinette électrique sur une allée piétonne le long de la Seine, la mairie de Paris monte au créneau face aux opérateurs privés de trottinettes électriques en libre-service. Les trois entreprises qui opèrent dans la capitale, Lime, Dott et Tier, sont sommées de faire des progrès sur la limitation de la vitesse et le stationnement, au risque de voir leurs flottes respectives - chacune disposant d'environ 5.000 véhicules - retirées de la circulation. La mairie les menace de ne pas renouveler leur contrat, qui a débuté l’été dernier et doit prendre fin en octobre 2022. 

"Soit il y a une amélioration significative de la situation et les trottinettes trouvent leur place dans l'espace public sans provoquer de trouble, de danger supplémentaire, notamment pour les piétons, soit nous envisageons la suppression totale des trottinettes" électriques en libre-service, a expliqué à l'AFP David Belliard, l'adjoint (EELV) de la maire PS Anne Hidalgo, chargé notamment des transports. Interdire ces flottes privées, "il y a des villes qui l'ont fait, en banlieue, à l'international", rappelle David Belliard, citant New York, Barcelone, Boulogne-Billancourt ou Issy-les-Moulineaux.

Mieux encadrer la circulation : un seul conducteur à bord et déplacement limité aux pistes cyclables

Outre le drame survenu mi-juin, David Belliard dit avoir "beaucoup de remontées négatives sur les trottinettes qui roulent sur les trottoirs, le sentiment d'insécurité, les trottinettes qui traînent de nouveau dans la rue" depuis la fin du confinement.

En avril dernier, une étude publiée par Axa Prévention pointait une conduite "inconsciente" des usagers de trottinettes électriques : près de 79% des personnes sondées avouaient rouler sur le trottoir et 66% indiquaient ne pas s'arrêter au feu orange.  "Ils n'ont pas le sentiment d'être soumis au code de la route", indiquait l’association dans son communiqué de presse, ajoutant que seuls 40% des conducteurs ont déclaré connaître la réglementation sur la circulation de ce type de véhicule.

Une réglementation établie pourtant en octobre 2019 par le gouvernement, pour encadrer l'usage des trottinettes électriques, gyropodes et autres monoroues, dont l'usage a explosé ces dernières années avec notamment l'essor des locations en libre-service ("free floating"). Selon la loi, ces engins ne doivent pas pouvoir dépasser une vitesse de 25 km/h, ne peuvent transporter qu'un conducteur et doivent circuler sur les pistes cyclables. 

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Des zones très passantes limitées à 10 km/h

La Ville de Paris a,  quant à elle, limité dès l'été 2019 la vitesse des trottinettes électriques à 20 km/h et interdit leur stationnement sur les trottoirs.

David Belliard veut aller plus loin : l'adjoint a demandé aux opérateurs de brider la vitesse à 10 km/h maximum dans les zones de forte densité piétonne. Dès mercredi, cette vitesse maximale devra être respectée dans des "slow zones" du centre de Paris (Halles, République, Bastille...), selon l'entourage de David Belliard. Ce dernier veut étendre ce dispositif "dans les prochaines semaines" devant les écoles ou d'autres secteurs très passants.

La redevance votée en 2019 pour ce contrat devait rapporter près d'un million d'euros par an à la ville.


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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