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Paris : la tour Eiffel est-elle menacée par la rouille ?

Fe.S.
Publié le 2 juillet 2022 à 11h51, mis à jour le 2 juillet 2022 à 18h28
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Une enquête publiée par le magazine "Marianne", ce vendredi, met en cause l'état de la tour Eiffel.
Derrière les couches de peinture, ce symbole de la capitale serait victime de la corrosion.

6300 tonnes de fer menacées par la rouille et les couches qui s'effritent ? La tour Eiffel serait mal en point, à en croire plusieurs "rapports confidentiels" cités par Marianne. Dans un article publié ce mercredi 29 juin, l'hebdomadaire alerte sur les "défauts de maintenance" et "les dégradations" qui pèsent sur la santé de l'une des attractions touristiques les plus connues du globe. En cause notamment, la rouille qui gagne le fer, malgré les campagnes de peinture successives.

Une peinture en "cache-misère"?

Le témoignage d'un cadre du site, dans Marianne, résume ainsi : "C'est bien simple, si Gustave Eiffel visitait les lieux, il aurait une syncope !" L'ingénieur qui a donné son nom à l'ouvrage avertissait il y a déjà plus de 120 ans sur l'importance de "s'opposer à un commencement de rouille". Pour protéger le monument de cette maladie qui ronge le fer, les couches de peinture se sont donc multipliées. Si bien qu'en 1968, 34 films de peinture se superposaient sur la charpente métallique. De quoi mettre à mal les plus de 18.000 pièces de fer ? C'est ce qu'estime une source citée par le magazine. Elle explique que, dès la fermeture du monument en 1980, il aurait fallu "la décaper entièrement et la repeindre à neuf". 

Depuis plus d'une décennie, plusieurs rapports confidentiels, dont Marianne affirme détenir des copies, montreraient comment cette gestion de court terme, qui consiste à repeindre sur le problème, a empêché de le résoudre. Un audit complet rendu en février 2010 jugeait ainsi la peinture "bien adaptée" mais appelait à ce que l'ossature fasse l'objet "d'une surveillance exhaustive", déplorant un manque de suivi. Ensuite, en 2014, la société Expiris avait repéré de l'enrouillement et de l'écaillage "un peu partout sur le monument". Avec trop de couches superposées, l'entreprise évaluait que seulement 10% de la peinture "tient". Enfin, en 2016, un bilan cité par l'hebdomadaire recensait 884 "défauts" - allant de l'enrouillement à la corrosion - dont 68 cas dans lesquels une "modification de la structure (...) met en cause sa durabilité". 

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Si la tour tient, les sources citées par Marianne appellent néanmoins à enfin "mettre à nue" la Dame de fer pour la repeindre. Mais, comme en 1980, la 20ᵉ campagne de peinture lancée en 2018 ne devrait pas être à la hauteur de cette ambition. Tandis que les 60 millions d'euros de budget devait permettre de décaper et repeindre 30% de l'ouvrage, seuls "5%" de la structure seront concernés, d'après le magazine. De quoi pousser un ancien cadre du monument à décrire une simple campagne "pour faire joli" à l'approche des Jeux olympiques.

Sollicitée par TF1info, la société d'exploitation de la tour Eiffel n'a pas réagi officiellement pour l'heure. 


Fe.S.

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