Au cours des soixante dernières années, de nombreux mouvements sociaux ont conduit à des blocages de raffineries et à des pénuries de carburants.
De la grève générale de mai 1968 à la réforme des retraites en 2010, en passant par le premier choc pétrolier, retour sur ces grandes crises qui ont conduit à des pénuries de carburants en France.

Arme de lutte sociale par excellence, le blocage des raffineries - qui entraine des pénuries comme celle que connait actuellement la France -, a été utilisé lors de nombreux mouvements sociaux lors des soixante dernières années. Alors que près d'un tiers des pompes à essence de l'Hexagone sont en difficulté et que des grèves se poursuivent chez TotalEnergies et Esso-ExxonMobile, la rédaction de TF1info revient sur les grandes crises qui ont paralysé le pays au cours des dernières décennies.

Mai 1968

En 1968, la France connaît l'un des plus grands mouvements sociaux de son histoire. À la suite de l’appel à la grève générale, le 13 mai, pas moins de 9 millions de personnes cessent de travailler. Les raffineries et les dépôts sont à l’arrêt. Rapidement, les stations-essence se retrouvent à sec. 

Le 20 mai, l'arrêt total des transports en commun jette sur les trottoirs de Paris une armée de piétons, tandis que les véhicules roulent pare-chocs contre pare-chocs. Après la signature des accords de Grenelle, le 31 mai, les stations-service sont à nouveau approvisionnées, ce qui met fin à la pénurie de carburants.

Décembre 1973

Cette année-là, le premier grand choc pétrolier de l’histoire secoue le monde. À la suite de la guerre du Kippour, qui oppose Israël et ses voisins arabes, les pays du Golfe décident, en guise de rétorsion contre les pays alliés à l’État hébreu, de réduire leur production de 25%.

C’est la panique et le prix du baril flambe. L’Arabie saoudite, qui fournissait à elle seule 21% de la production mondiale de brut, va encore plus loin en imposant un embargo de ses exportations vers les États-Unis notamment. Même si la France n’est pas visée, certaines stations-service, en rupture de carburants, sont obligées de fermer.

Novembre 1981

Les pompistes appellent à une grève nationale le temps d'un week-end, perturbant ainsi la distribution d'essence dans plusieurs départements. Ils protestent alors contre le blocage des prix des services, l'augmentation des taxes sur l'essence et la réduction de leur marge. 

Juillet 1992

Pour protester contre l’instauration du permis de conduire à points, des milliers de transporteurs routiers en colère bloquent les routes de France et l’accès aux raffineries. Les stations-service ne sont plus approvisionnées. Le Premier ministre de l’époque, Pierre Bérégovoy, décide d’envoyer l’armée. Des militaires assurent les livraisons. Au bout de 10 jours, les barrages sont finalement levés. 

Novembre 1997

Un mouvement de grève éclate, à nouveau, chez les transporteurs routiers, pour demander des hausses de salaires. Rapidement, entre 6000 et 8000 pompes à essence se retrouvent totalement à sec. Dans l'urgence, les préfets prennent des mesures de réquisition, afin de permettre aux secteurs prioritaires (hôpitaux, police, etc.) d'assurer leurs missions.

Septembre 2000

Cette année-là, la quasi-totalité des stations essences du pays sont à sec pendant plusieurs jours, en raison d’un mouvement de grève pour protester contre le prix des carburants, initié par les agriculteurs et les transporteurs routiers. Finalement, le gouvernement leur accorde des aides. Au bout d'une semaine, la situation revient à la normale.

Octobre 2010

Cette année-là, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, un mouvement social éclate pour protester contre la réforme des retraites. Au plus fort du conflit social, plus de 5000 stations-services (sur 18.000) sont totalement à sec dans l’Hexagone. Il faudra plusieurs semaines pour que la situation revienne enfin à la normale. 


Matthieu DELACHARLERY

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