Pénurie de carburants : le scénario noir de l'automne 2022 est-il écarté ?

Publié le 9 mars 2023 à 15h16

Source : TF1 Info

Les grèves contre la réforme des retraites n'ont eu, jusqu'ici, que des conséquences limitées sur le plein des Français.
"Il n'y a aucun problème d'approvisionnement des stations-service", indique à TF1info un spécialiste du secteur pétrolier.
Pour l'heure, le scénario des pénuries vécues à l'automne 2022 ne semble pas d'actualité.

Des heures d'attente devant les stations-service, des pompes hors service faute de carburants... L'ombre de la pénurie, vécue par les Français à l'automne dernier, plane sur la grève contre la réforme des retraites. Deux jours après l'appel de l'intersyndicale à "mettre la France à l'arrêt" pour protester contre le projet du gouvernement, les difficultés pour faire le plein restent encore marginales.

Selon des données arrêtées mercredi 8 mars au soir, "7% des stations-service manquent d'au moins un produit", indique à TF1info Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Un indicateur plus élevé que la normale - "2 à 3% habituellement" -, mais très inférieur à celui enregistré en octobre 2022 - jusqu'à 28,5% - lors d'une grève pour réclamer des hausses de salaires.

Toutefois, la situation se complique par endroits. D'après l'AFP, l'ouest de la France est plus touché que la moyenne nationale, avec environ un quart des stations de Sarthe, d'Indre-et-Loire et du Calvados manquant d'essence ou de gazole.

"Les automobilistes deviennent raisonnables"

Ce jeudi matin, les expéditions de carburants étaient toujours bloquées à la sortie de la plupart des raffineries. Mais "nous sommes plutôt dans un allègement de la grève que le contraire", tient à rassurer Olivier Gantois. En début d'après-midi, le mouvement a ainsi cessé et les expéditions de carburants ont repris à la raffinerie d'Esso-ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon, en Normandie.

Pour les quelque 200 dépôts de carburant que compte le pays, la situation demeure positive. Dans la matinée, cinq étaient encore bloqués. "Nous arrivons donc à livrer normalement toutes les stations-services", se réjouit le patron de l'Ufip. "Il n'y a aucun problème d'approvisionnement." Autre donnée rassurante : les stocks. "Ils sont quasiment pleins", précise-t-il. "Même si la grève continue dans certaines raffineries, il ne devrait pas y avoir de problèmes d'approvisionnement." Du moins, à court terme.

D'autant que les Français ne se sont pas jetés sur les stations-service. "Nous avons l'impression que les automobilistes deviennent raisonnables", se réjouit Olivier Gantois. "Nous avons tellement martelé que lorsque la population se précipite dans les stations, cela vide les stocks et crée une pénurie, que le message semble entendu." Jusqu'ici.


Idèr NABILI

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