ÉTUDE – Des chercheurs ont démontré qu'une similitude entre les personnalités du professeur et de son élève influerait positivement l'enseignant dans son évaluation.

Plus le professeur présentera de points communs avec son élève, plus cela affectera son jugement du travail scolaire. C'est ce qu'avance une équipe de chercheurs allemands dans une étude publiée le mois dernier. Les capacités intellectuelles de l'élève "chouchou" seraient alors surestimées.

"Étonnamment, on en sait peu sur la formation de l'opinion des professeurs, et donc sur les influences de leur parti-pris, précise Tobias Rausch, auteur de l'étude et chercheur à l'Otto-Friedrich-Universität de Bamberg. Cependant, la recherche nous apprend que leurs jugements ne sont souvent pas justes."

Anticiper la réussite de l'élève

Cet avis est basé sur une expérience menée sur 93 professeurs et 294 collégiens en Allemagne. Tous ont reçu un questionnaire basique portant sur les traits de leur personnalité. En plus d'avoir indiqué s'ils étaient extraverti, plutôt agréable ainsi que d'autres renseignements de ce type, ils ont répondu à un test de lecture et de maths.

L'exercice a parallèlement été présenté aux professeurs, qui devaient anticiper le taux de réussite de leurs élèves. Pour les accompagner, une question : comment se situe l'étudiant par rapport à un élève moyen de son âge ?

Quand enseignants et élèves se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, les premiers surestimaient les capacités intellectuelles des seconds. À l'inverse, ceux qui affichaient moins d'atomes crochus avec leur mentor étaient jugés plus négativement.

Des préjugés inconscients

Ces résultats soulignent ainsi la présence de préjugés inconscients au sein du corps éducatif. Une autre étude , réalisée par des chercheurs israéliens et publiée ce mois-ci, a montré que les professeurs avaient tendance à mieux noter les filles à des tests de mathématiques quand ils ne connaissaient pas leur sexe.

Selon Rausch, l'une des solutions pour lutter contre ces évaluations tronquées serait de former les enseignants sur ces questions. "La meilleure prévention est certainement de provoquer chez eux une prise de conscience concernant la manière dont ils évaluent les compétences de leurs élèves et concernant leurs préjugés." Par ailleurs, des évaluations standardisées permettraient de réduire les risques de stigmatisation. Effectuées à l'échelle nationale, celles-ci n'impliquent pas le jugement unique d'un professeur sur son élève.

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La rédaction de TF1info

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