PODCAST - Nina Métayer, meilleure pâtissière mondiale : "Je mélange des ingrédients pour transmettre des émotions"

Publié le 28 mars 2024 à 8h30, mis à jour le 28 mars 2024 à 11h33
PODCAST - Nina Métayer, meilleure pâtissière mondiale : "Je mélange des ingrédients pour transmettre des émotions"
Source : AFP JOEL SAGET / TF1

Multilingue, boulangère, pâtissière et à deux doigts de devenir pizzaïola. Touche-à-tout, Nina Métayer a été désignée Meilleure pâtissière mondiale en 2023.
La professionnelle des desserts aime réunir autour d’elle pour goûter ses productions.
Dans le podcast Expertes à la Une, elle raconte son parcours hors du commun.

Un jour, alors que Nina Métayer est encore au collège, ses parents reçoivent une facture téléphonique de 1 500 francs. L’adolescente avait appelé à plusieurs reprises son petit copain de l’époque sur son téléphone portable. "Mes parents me disent que ça ne tombe pas du ciel et me demandent comment je vais faire pour rembourser ? J’ai pris leur remarque au pied de la lettre. Le lendemain, je me suis levée tôt le matin et je suis partie chercher du travail au marché. J’ai vendu des pommes et des poires" raconte-t-elle à Christelle Chiroux dans le podcast Expertes à la Une à écouter ci-dessus.

Plus de vingt ans plus tard, Nina Métayer a été désignée Meilleure pâtissière mondiale. C’est la première femme à décrocher cette récompense. Désormais, elle dirige Délicatisserie, sa propre entreprise de boulangerie pâtisserie. "Je fabrique des desserts. J’aime mélanger des ingrédients simples pour leur donner une forme, un goût et une émotion que j’aime transmettre."

Pour en arriver là, la Rochelaise découvre la fabrication du pain au Mexique : "Après la seconde, je suis partie au Mexique. Je ne parlais pas un mot d’espagnol, ni d’anglais. Je rencontre des boulangers français qui me montrent comment fabriquer une baguette." De retour en France, elle passe son CAP boulangerie : "C’est un métier dur sur le plan physique. Dans mon école, je n’étais que la troisième femme à apprendre ce métier : les deux précédentes devaient reprendre la boulangerie de leurs parents."

Le tournant de la pâtisserie

À Paris, Nina Métayer ne trouve pas d’emploi en boulangerie. Elle décide d’apprendre la pâtisserie pour étoffer son CV. "Le jour où j'arrive au Meurice, je goûte une tarte au citron. Là, je me rends compte que je n'avais jamais goûté de dessert de ma vie." Elle tombe amoureuse des gâteaux. Après une expérience en Australie, elle se voit confier des équipes de pâtissiers. "Je considère le dessert comme une expérience. Nous sélectionnons des produits sourcés avec soin. Nous prenons en compte chaque geste et chaque personne qui participe à la conception du dessert." Objectif, créer une relation avec le gourmand qui mange la création culinaire et leur faire passer des messages.

Lui demander de retenir son dessert préféré revient à lui poser un choix cornélien : "J'ai un amour pour la galette des rois. Le travail de la pâte réunit mes métiers de la boulangerie et de la pâtisserie. Le tournage de cette matière première extrêmement brute et très simple crée un gâteau incroyable et très technique. Ludique, la galette des rois traverse les générations. J’aime aussi la pavlova. Il y a de la crème, de la meringue, de la chantilly et du fruit. Ça semble simple à faire, mais c’est tout aussi technique. Il en existe peu de recette."

Travail d’équipe

Déterminée, battante, Nina Métayer se remet tous les jours en question. Les différentes distinctions qu’elle a reçues lui ont permis de dépasser son manque de confiance en elle : "Nous avons naturellement tendance à s’attacher à ce que nous faisons de moins bien et finalement, nous négligeons ce qui va bien. Les prix m’ont appris à être bienveillante avec moi-même. Je continue à penser que je peux améliorer mon pain et mes gâteaux. Mais cette bienveillance me permet de tirer des points positifs pour m’emmener plus loin."

Elle rappelle qu’elle ne travaille pas seule. Derrière elle, une équipe fournie prépare ses gourmandises : "Ce sont des rencontres, une émulsion. J'ai besoin de mixité." Cheffe réputée, elle ne met pas de côté son rôle de femme : "Ma cheffe exécutive est enceinte et j’en suis très contente. Vouloir fonder une famille ne va pas à l’encontre d’une carrière professionnelle. Avec mon équipe, on a avancé ensemble pour permettre aux femmes de faire ce métier et pour qu'elles prennent leur place." Elle a conscience de ses responsabilités et elle se dit prête à les défendre : "J’aime porter les valeurs de ce métier, de transmission, de partage, d'esprit d'équipe, de beaux produits d'excellence."


Geoffrey LOPES

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