Un tiers des Français se privent de produits d'hygiène à cause du contexte économique, selon un sondage Ifop pour l'association Dons solidaires.
Cette précarité ne cesse de s'aggraver au fil des mois.

Le budget alimentaire est souvent la première victime de la précarité, mais pas seulement. Selon un sondage Ifop pour l'association Dons solidaires, publié mardi sur le site de Libération, un tiers des Français se privent de produits tels que le savon ou le dentifrice, à cause du contexte économique.

Dans le détail, 7% des sondés indiquent se brosser les dents sans dentifrice, 8% se laver sans savon ni gel douche, et 17% des parents ne changent pas les couches de leur enfant aussi fréquemment qu'ils le souhaiteraient. Lors du précédent baromètre sur ce sujet, en 2021, ces proportions étaient environ deux fois moindres. "Comment se sentir digne lorsque l'on manque de produits aussi essentiels ?", s'est interrogée Dominique Besançon, la déléguée générale de Dons solidaires. Cette association qui collecte les invendus des entreprises pour les remettre au secteur caritatif souhaite "alerter sur cette précarité encore trop peu considérée".

Une précarité qui n'est plus l'apanage des bénéficiaires d'associations

De manière logique, les chiffres sont encore plus alarmants lorsqu'on interroge spécifiquement les personnes pauvres, bénéficiaires des associations du réseau Dons solidaires : 73% disent se priver de produits d'hygiène en général, 34% de shampoing et 31% de protections menstruelles. La précarité hygiénique, qui "dégrade l'estime de soi et conduit à l'isolement", "ne cesse de progresser et n'est plus l'apanage des bénéficiaires d'associations" de lutte contre la pauvreté, relève l'association.

Sondage Ifop pour Dons solidaires, réalisé sur deux panels : un échantillon représentatif de 1.501 répondants, plus 300 parents d'enfants de trois ans ou moins, interrogés par questionnaire auto-administré en ligne en novembre 2022; et un échantillon de 1.162 bénéficiaires d'associations en situation de précarité et d'exclusion sociale, interrogés en janvier et février 2023 dans les locaux des associations partenaires.


T.G.

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