Protections périodiques : leur composition bientôt inscrite sur les emballages

M.G avec AFP
Publié le 11 mars 2022 à 16h15
Protections périodiques : leur composition bientôt inscrite sur les emballages

Source : Istock

La composition des protections périodiques sera bientôt indiquées sur leurs emballages.
Les précautions d'utilisation et des précisions sur les potentiels effets indésirables graves devront également y être mentionnées.
Cette nouvelle mesure entrera en vigueur le 1er janvier 2023 "au plus tard", a précisé Olivier Véran.

Une avancée pour les droits des femmes. Les compositions des protections périodiques seront inscrites sur les emballages, a annoncé, vendredi 11 mars, Olivier Véran. En outre, les précautions d'utilisation et les effets indésirables graves que peuvent provoquer des composants des protections intimes devront figurer sur le paquetage ou une notice. Le décret en préparation mentionne l'importance du lavage des mains avant insertion ou retrait des protections intimes ou encore le temps de port maximal recommandé.

Ces dispositions s'appliqueront à partir du "1er janvier 2023 au plus tard", a affirmé le ministre de la Santé. Des "discussions" sont engagées avec les industriels en vue d'une entrée en vigueur avant cette date, a-t-il précisé. "Avec ce décret, je souhaite faire en sorte que chaque femme sache ce qu'il y a dans son tampon ou sa serviette", a souligné le pensionnaire de l'avenue Duquesne. Cette obligation de transparence devrait aussi inciter les fabricants à améliorer d'eux-mêmes la composition de leurs protections. Un phénomène similaire s'était produit après l'entrée en vigueur du nutriscore, dans le domaine de l'alimentation. "Cela avait marché et le comportement des industriels avait changé. Ils avaient réduit le sucre dans les sodas, réduit le sel dans le jambon", a rappelé Olivier Véran, sur France Inter. 

Encore un long chemin à parcourir

En France, les protections intimes entrent dans la catégorie des biens de consommation courante, contrairement à d'autres pays, où elles figurent parmi les dispositifs médicaux. De ce fait, aucune réglementation n'obligeait jusqu'à présent les fabricants à rendre visible la composition des protections ou à fournir une notice avec les contre-indications.

Cette initiative gouvernementale fait suite à un rapport parlementaire publié en février 2020. Ce dernier préconisait d'instaurer une obligation de mentionner la présence éventuelle de traces de substances toxiques sur les emballages pour prévenir de tout risque de "choc toxique menstruel". Un documentaire, Tampon, notre ennemi intime, avait également été diffusé pour alerter sur cette problématique. "Cela va dans le bon sens, mais je regrette que cela arrive 5 ans après le documentaire qu'on a réalisé. Mais mieux vaut tard que jamais", s'est félicitée Audrey Gloaguen, sa réalisatrice, dans les colonnes de France Info. "C'est complètement dingue que des femmes utilisent des tampons sans savoir exactement ce qu'elles mettent dans leur corps", ajoute-t-elle, appelant la classe politique à en faire encore plus (instaurer des contrôles en sortie d'usine par exemple). 

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De son côté, la marque Procter & Gamble, qui commercialise les Tampax, avait choisi d'indiquer la composition de ses tampons, le tout après avoir été interpellée en 2015 par une pétition signée par plus de 300.000 personnes.


M.G avec AFP

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