Le syndrome du chat parachutiste englobe toutes les lésions corporelles générées par une chute de grande hauteur.
Les balcons, toits et fenêtres ouvertes constituent des dangers trop souvent ignorés pour nos chats domestiques.
Des solutions existent pour limiter les risques et sécuriser les félins.

On connaît tous l'histoire d'un chat tombé d'un toit ou d'un balcon. Il n'est pas rare que l'animal s'en sorte avec un minimum de dégâts, mais certains subissent de graves lésions et voient leur pronostic vital engagé. Pourtant, il est possible d'éviter à votre compagnon à quatre pattes de vivre le syndrome du chat parachutiste.

Qu'appelle-t-on le syndrome du chat parachutiste ?

La légende dit qu'un chat retombe toujours sur ses pattes. C'est souvent vrai, car un phénomène de balancier caudal l'aide à se retourner très rapidement et lui permet de retomber sur ses membres plutôt que sur le dos ou le flan. Sa grande souplesse amortit ensuite l'impact. Toutefois, la hauteur de la chute, la position de départ et l'état physique de l'animal (âge, corpulence…) entrent en compte dans la qualité de la réception au sol, avec ou sans casse. Les vétérinaires ont nommé les lésions causées par une chute d'au moins deux étages (environ 5 à 6 mètres) le "syndrome du chat parachute/parachutiste". 

D'après la thèse vétérinaire de Nicolas Detable, les principales sont "des fractures des membres, des lésions de la face et des lésions thoraciques". La fracture de la mâchoire est courante, tout comme les contusions pulmonaires. Il établit le profil type du chat parachutiste : un mâle adulte, aventureux, en quête d'une partenaire sexuelle, plus enclin à sauter volontairement ou à jouer les équilibristes et tomber qu'un chat stérilisé et/ou peu téméraire. Mais tous nos félins domestiques peuvent, un jour ou l'autre, connaître une chute dangereuse. 

Heureusement, Nicolas Detable détermine grâce à son étude que 88 % des chats survivent, bien que cette donnée rassurante soit à nuancer puisque seuls les animaux n'étant pas décédés sur le coup (ou peu de temps après) sont conduits aux urgences vétérinaires pour être sauvés dans la mesure du possible et donc comptabilisés.

Quels sont les lieux à risques de chute de grande hauteur pour les chats ?

Le syndrome du chat parachute concerne surtout les animaux urbains. Ils ont plus de risques de chuter d'un toit, une fenêtre ouverte, un balcon ou une toiture terrasse en ville qu'en vivant dans une maison avec jardin. Comme c'est leur seul accès à l'extérieur, la tentation est plus grande et le risque mathématiquement plus élevé. Le risque augmente encore lorsque le chat est en quête d'un(e) partenaire ou que la vie en intérieur ne lui convient pas. 

Par ailleurs, comme le rappelle Nicolas Detable dans sa thèse, la hauteur de chute détermine les lésions potentielles et les chances de survie du félin. En tombant d'un ou deux étages, le temps pour se retourner est très court, ce qui augmente considérablement le risque de mauvaise réception à l'impact et donc des dégâts corporels. À partir de six étages, le chat peut largement se retourner, mais la force de l'impact est si importante que les lésions sont souvent graves et engagent le pronostic vital, même si le chat a survécu. Entre les deux hauteurs, les conditions sont réunies pour permettre au félin de s'en sortir le mieux possible, parfois sans la moindre égratignure. 

Comment protéger mon chat des risques de chute de grande hauteur ?

Un chat laissé sans surveillance avec un accès au balcon ou au toit, ou une fenêtre ouverte donnant directement sur le vide, même d'un seul étage, est déjà un risque en soi. C'est particulièrement vrai en été la nuit, lorsque nous laissons nos menuiseries ouvertes pour rafraîchir nos logements. Il existe pourtant des solutions de protection contre les chutes, comme le filet de balcon, spécialement étudié pour permettre au chat d'observer son environnement sans risque.

La sécurisation de l'environnement du chat d'intérieur est d'ailleurs mentionnée dans le Certificat d'Engagement et de Connaissance des besoins spécifiques de l'espèce que tout futur propriétaire doit signer avant l'adoption (le certificat de la SPA en exemple) selon l'Article I de la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale. Un chat stérilisé, sécurisé et à l'aise avec la vie en appartement sera aussi moins enclin à jouer les aventuriers ! 


Coline GRASSET pour TF1 INFO

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