Qui sont les trois groupuscules d'ultradroite que Gérald Darmanin veut dissoudre ?

par J.F
Publié le 28 novembre 2023 à 12h48, mis à jour le 1 décembre 2023 à 14h10

Source : TF1 Info

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mardi qu'il allait demander la dissolution de trois groupuscules d'ultradroite.
Parmi eux, le mouvement identitaire Division Martel créé il y a un an.
Beauvau ne souhaite pas révéler le nom des deux autres pour le moment.

"Je vais proposer la fin de divers groupuscules", a déclaré ce mardi matin le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur France Inter. Une fermeté affichée après que le week-end dernier, une centaine de militants d'ultradroite ont défilé cagoulés dans les rues de Romans-sur-Isère (Drôme) dans le but d'en "découdre" avec les jeunes du quartier de La Monnaie, d'où sont issus plusieurs des mis en cause dans la mort du jeune Thomas. Parmi les organisations ciblées, le ministre a cité "un groupe qui s'appelle la Division Martel, rien que le nom nous fait peur".

Selon StreetPress, auteur d'une enquête sur le mouvement identitaire, la Division Martel compte une vingtaine de membres, mineurs ou jeunes majeurs. Le groupuscule est composé notamment d'ex-membres des Zouaves Paris ou du Bastion social, des mouvements déjà dissous. Selon Libération, qui leur avait consacré un article en juillet, le groupe créé à l'automne 2022 "se revendique d’une idéologie allant du néofascisme au néonazisme" et a pour "ambition" "de faire de la politique avec les poings". Son nom serait directement inspiré de Charles Martel, vainqueur en 732 de la "bataille de Poitiers", victoire des Francs contre les Omeyyades. 

Les membres de Division Martel agissent principalement en Ile-de-France, ils sont régulièrement présents dans les rassemblements parisiens. Plusieurs d'entre eux auraient participé à l'agression racistes de lycéens parisiens en avril dernier, pour laquelle deux personnes ont été jugées fin juillet. Une quinzaine de jeunes, visage dissimulé, ont agressé des élèves sortant du lycée Victor-Hugo en proférant des propos racistes.

Toujours en avril dernier, le groupuscule s'est rendu à Saint-Brévin (Loire-Atlantique), où une manifestation contre un centre d'accueil pour demandeurs d'asile a provoqué des heurts avec des militants antifascistes. C'est dans cette commune que le maire a dû démissionner face aux menaces qui pesaient contre lui en raison de l'installation de ce centre sur son territoire.

Drapeaux et brassards nazis retrouvés au domicile de leur "chef"

Le groupuscule serait dirigé par un ancien militaire aujourd'hui employé dans un supermarché, originaire de Rouen, âgé d'une vingtaine d'années et surnommé "gros lardon". Il a été arrêté à Paris en décembre dernier, alors qu'il souhaitait s'en prendre à des supporters marocains en marge de la Coupe du monde de football, après la demi-finale entre la France et le Maroc. À son domicile, plusieurs livres, drapeaux et brassard nazis ont été retrouvés. 

Les membres de Division Martel sont proches du syndicat Groupe union défense (GUD), allant, selon StreetPress, jusqu'à s'entraîner ensemble et participer aux mêmes actions, comme celle du Comité du 9 mai. Le 6 mai dernier, ils ont organisé un défilé dans les rues de Paris en hommage au militant d'extrême droite Sébastien Deyzieu à l'occasion du 29e anniversaire de sa mort.

Les noms des deux autres groupuscules gardés secrets

Gérald Darmanin n'a pas précisé le nom des deux autres groupuscules dans le viseur du ministère de l'Intérieur. "Je ne peux pas évoquer les noms" pour le moment, a-t-il précisé. On ne sait pas si des membres de ces deux autres groupuscules ont pris part aux actions menées ce week-end à Romans-sur-Isère, parmi lesquels Vandal Besak, très actif ces derniers mois, tout comme le Korrigans Squad de Rennes, les Infréquentables Dijon ou MesOs Reims.

Le locataire de Beauvau veut mettre un coup d'arrêt à la prolifération et l'organisation de ces groupuscules car "il y a dans l'ultradroite une mobilisation qui veut nous faire basculer dans la guerre civile", a-t-il aussi déclaré, rappelant que 12 projets d'action violente par l'ultradroite ont été recensés par le Parquet national antiterroriste (Pnat) depuis 2017. La mouvance identitaire française regrouperait près de 3300 personnes, dont 1300 fichés S, selon un récent rapport parlementaire.


J.F

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