Réforme de l'école : "les notes font le malheur des élèves"

Le service METRONEWS
Publié le 24 juin 2014 à 12h20
Réforme de l'école : "les notes font le malheur des élèves"

ÉDUCATION - Le ministre de l'Education nationale lance ce mardi une consultation pour réformer l’évaluation des élèves à l'école. S'achemine-t-on vers la suppression des notes à l'école ? Michel Fize, sociologue au CNRS et spécialiste de la jeunesse, nous explique pourquoi les Français sont attachés au modèle actuel.

Le ministre de l'Education nationale lance ce mardi une consultation pour réformer l’évaluation des élèves à l'école. Exit, donc, la notation classique sur 20 points. Pour "stimuler au lieu de décourager", Benoît Hamon réclame une "nouvelle pratique", dans un interview au Parisien mardi. S'achemine-t-on vers la suppression des notes à l'école ? Le débat est ouvert. Or, selon un sondage que metronews a réalisé en 2012, alors que l'ancien ministre Vincent Peillon posait déjà cette question, 80% des sondés s'étaient déclarés défavorables à la suppression des notes. Parmi eux, 77% de parents d'élèves. Le sociologue Michel Fize décrypte pour metronews cet attachement à un système qui, selon lui, est inefficace.

Selon un sondage metronews, 80% des Français sont opposés à la suppression des notes. Comment l'expliquez-vous  ? 

Quand il d'agit de scolarité, les parents ne sont attachés qu'à une seule chose : à la réussite de leur enfant. L'épanouissement, la préparation du futur adulte qu'il sera, les parents le relèguent bien souvent au deuxième rang, car ils sont happés par l'exigence de réussite. La note leur permet ainsi de savoir, en un coup d'oeil, où se situe son enfant dans chaque matière. Et donc de corriger le tir : il va valoriser la bonne note et stigmatiser la mauvaise. Quand l'enfant a 18/20, c'est bon, quand il a 4/20, ce n'est pas bon. C'est clair, et tout le monde le comprend ainsi.

Et ce n'est pas un bon système ?
Non. Il faut comprendre que si l'école doit évaluer les compétences des enfants, elle n'a pas pour vocation de les meurtrir. Or une mauvaise note est décourageante, frustrante, démotivante. Elle ne pousse pas l'élève. Au contraire. Elle crée un système de compétition, de classement, qui n'a absolument pas sa place à l'école primaire, ni même au collège, où il s'agit d'apprendre les bases. La notation n'a alors aucune utilité. Elle est au contraire un obstacle pour ceux qui sont en bas de l'échelle.

Les notes rendent-elles les élèves malheureux ?
C'est une évidence. D'une façon générale, les élèves ne sont pas heureux à l'école. Là où ils se réjouissent d'y aller, c'est pour une raison qui n'a rien à voir avec salle de classe, mais pour son côté convivial, avec les copains. Le mal être des élèves français est à relier à la lourdeur des programmes, aux exigences des professeurs, à la crainte de ne pas être à la hauteur. Ce sentiment est amplifié par les notes.

Comment améliorer ce système de notation ?
Il faudrait retarder le plus longtemps possible la notation, comme en Suède, où elle démarre au lycée. Il faut ainsi remplacer le principe de notation par celui d'évaluation. Et supprimer la compétition, qui stresse les élèves. Le système de notation par les lettres (A, B, C...), comme par les chiffres, conduit inévitablement à un classement. Il faudrait donc, comme en Suède à nouveau, que les professeurs évaluent le parcours de l'élève dans un rapport qui met en avant ce qu'il sait faire, ses compétences et valorise ses efforts et progrès. Et qui indique bien ce qui lui reste à faire.


 


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