Réforme des retraites : les syndicats, grands gagnants de la mobilisation ?

par Pierre Antoine VALADE
Publié le 11 février 2023 à 12h18

Source : TF1 Info

Les syndicats sont en première ligne contre la réforme des retraites, qui prévoit un report de l'âge de départ de 62 à 64 ans.
Unis pour la première fois depuis plus de douze ans, ils retrouvent le soutien d'une partie des salariés.
Depuis janvier, les adhésions à la CFDT et à la CGT ont, par exemple, connu un boom de 50%.

Les syndicats reprennent quelques couleurs après des années de déclin. Unis depuis le début de la mobilisation - une première depuis douze ans - ils ont réussi à s'imposer comme les principaux opposants contre la réforme des retraites du gouvernement  et attirent de nouveau les salariés.

À la CFDT, premier syndicat du privé, on assiste ainsi à une augmentation croissante des demandes d'adhérents : 10.000 depuis début janvier, soit 40% de plus qu'en temps normal. À la CGT c'est 7215 demandes, 5000 pour Force ouvrière et 2500 pour l'Unsa.

Les organisations syndicales apparaissent comme un rempart, une alerte
Rémi Bourguignon, spécialiste du dialogue social

Ce schéma s'était-il déjà produit lors des précédentes vagues de contestation sociale ? Oui, mais pas dans les mêmes proportions. Car cette mobilisation version 2023 se distingue par un front intersyndical uni.

"Peut-être parce qu'ils apparaissent en front uni, aussi parce qu'ils font preuve d'une grande responsabilité dans la conduite de ce mouvement, analyse pour LCI, dans la vidéo en tête de cet article, Rémi Bourguignon, spécialiste du dialogue social et enseignant à l'université Paris-Est Créteil. On voit que la conduite de ce mouvement se fait sans violence, sans blocage, sans perturbation, donc aujourd'hui les organisations syndicales apparaissent comme un rempart, comme une alerte, et les salariés s'y retrouvent."

Pour autant, le taux de syndicalisation est en chute libre en France depuis des décennies : il est passé d'environ 25% de la population active dans les années 1950 à environ 7,5% en 2020, selon l'Insee. Une tendance à la baisse qui s'explique notamment par les changements économiques et sociaux, tels que la diminution du nombre d'emplois dans les industries traditionnellement syndicalisées et la montée du travail précaire.


Pierre Antoine VALADE

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