Le gouvernement a présenté, mardi 10 janvier, sa très attendue réforme des retraites.
Un texte qui vise notamment à prévenir "l'usure professionnelle".
Parmi les mesures présentées : l'élargissement du compte professionnel de prévention.

La pénibilité au travail est l'un des enjeux centraux de la réforme des retraites, présentée par le gouvernement mardi 10 janvier. Si le texte acte le report de l'âge légal de départ à 64 ans - contre 62 ans actuellement - il prévoit également plusieurs mesures pour les salariés exposés aux métiers reconnus comme "pénibles". Pour ces travailleurs, l'exécutif entend "prévenir l'usure professionnelle" en élargissant notamment le nombre de salariés pouvant bénéficier d'un compte professionnel de prévention.

Le seuil du travail de nuit abaissé

Depuis la création de ce dispositif, en 2015, 1,9 million de comptes professionnels de prévention (C2P) ont été ouverts, précise le gouvernement. Ils permettent aux salariés exerçant des métiers reconnus comme "pénibles" de cumuler des points, afin de bénéficier, par exemple, d'un départ à la retraite anticipée, d'un passage à temps partiel payé temps plein ou de financer des formations. 

Avec sa réforme des retraites, le gouvernement prévoit d'abaisser le seuil des principaux facteurs d'exposition aux risques professionnels pour permettre à davantage de salariés d'accéder au C2P. Le seuil de travail de nuit passerait ainsi de 120 à 100 nuits par an et celui du "travail en équipes successives alternantes" de 50 à 30 nuits par an. Ces nouveaux critères devraient, selon le gouvernement, permettre chaque année à plus de 60.000 personnes supplémentaires de bénéficier d'un compte.

Une visite obligatoire à 61 ans

Autre changement : avec la réforme, les points seront acquis plus rapidement pour les salariés exposés à plusieurs risques, sans limites de nombre, contrairement à ce qui est prévu à l'heure actuelle. Par ailleurs, les salariés concernés par le compte professionnel de prévention pourront bénéficier d'un droit à la reconversion pour changer de métier. Par exemple, 60 points acquis sur le C2P permettront de financer une formation longue et qualifiante de 30.000 euros. Les droits à la formation seront également renforcés avec un point de C2P ouvrant un droit de 500 euros de financement de formation contre 375 euros aujourd'hui. 

Le gouvernement prévoit également la création d'un fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle, doté d'un milliard d'euros sur la durée du quinquennat pour financer des actions de sensibilisation, de prévention et de reconversion. Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a précisé mercredi matin que le volet pénibilité de la réforme comprendra, pour les métiers à risque, une "visite médicale obligatoire et systématique" à 61 ans auprès de la médecine du travail, rendant "possible" un départ anticipé à la retraite.


A.B.

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