Trois députés LFI demandent la dissolution des BRAV-M.
Cette unité de la préfecture de police de Paris, en première ligne des manifestations, est critiquée pour ses méthodes jugées musclées.

De la crise des Gilets jaunes à la fronde contre la réforme des retraites, ils sont en première ligne quand les manifestations dégénèrent. Depuis plusieurs jours, les BRAV-M (pour Brigades de répression de l’action violente motorisées) sont chargées d'exfiltrer tout manifestant à l'attitude jugée "hostile". Une mission entachée de dérapages, selon de nombreux contestataires. 

Dernier exemple en date ? Un incident, filmé lundi soir en marge d'un rassemblement dans les rues de Paris après le rejet de la motion de censure à l'Assemblée nationale. On y voit un homme se faire frapper au visage par un membre de la BRAV-M, avant de s’effondrer sur le trottoir. L’IGPN a été saisie par le parquet, et le préfet de police de Paris Laurent Nuñez a ouvert une enquête administrative mardi. Un drame de trop, ont estimé trois députés LFI, qui ont demandé ce mercredi la dissolution de ces unités. "Loin d’assurer un retour à l’apaisement, leur intervention participe de l’augmentation des tensions", écrivent-ils, faisant référence aux scènes observées depuis quatre ans.

Le retour des "voltigeurs" ?

Les BRAV-M ont en effet été créées en 2019, à l'heure où le pays vivait au rythme des cortèges hebdomadaires des Gilets jaunes. Leur première sortie ? Le 23 mars 2019, lors de l’acte 19. C'est Didier Lallement, à l'époque préfet de police de Paris, qui avait mis sur pied ces brigades. Objectif ? "Disperser les regroupements, selon un emploi de la force gradué et proportionné, et de procéder à un maximum d’interpellations", selon la préfecture.

Non permanentes, ces unités sont constituées à chaque fois que nécessaire. Elles comprennent au total 180 motos et 360 policiers spécialisés. Chaque unité comprend 18 motos et 36 policiers. Elles sont facilement reconnaissables : ses membres sont casqués, cagoulés et habillés en noir. Et surtout, ils fonctionnent par binôme : un pilote motocycliste et un policier qui ne peut intervenir qu'en tant que piéton. Tout sauf un hasard.

Les BRAV-M veulent éviter d'être comparées aux "voltigeurs", des unités de policiers à moto créées en 1969 après les évènements de mai 1968. Signe particulier : le policier à l'arrière de la moto était autorisé à utiliser un "bidule", ces matraques de bois. Ils avaient été dissous en 1986, après la mort de Malik Oussekine, à Paris. En plein mouvement de contestation étudiante, cet étudiant de 22 ans avait été frappé à mort par des policiers dans le hall d'un immeuble du Quartier Latin.

Près de quarante ans plus tard, la préfecture réfute tout retour des "voltigeurs" pour stopper les casseurs. "Je ne proposerai certainement pas au ministre de l'Intérieur de dissoudre cette brigade", a lancé ce mercredi Laurent Nuñez, le préfet de police. "Le conducteur ne participe pas au maintien de l'ordre. C'est uniquement le passager", a précisé le préfet, précisant qu'avec les particularités des heurts observés depuis lundi soir, "la BRAV-M est une unité particulièrement adaptée pour pouvoir disperser ces groupes."


T.G.

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