La bataille des retraites

"Mettre la France à l'arrêt" : grèves, manifestations... ce que les syndicats veulent faire le 7 mars

Publié le 13 février 2023 à 15h20, mis à jour le 3 mars 2023 à 12h09
JT Perso

Source : JT 13h WE

Les principaux syndicats appellent à "mettre la France à l'arrêt" le 7 mars prochain pour protester contre la réforme des retraites.
Une façon d'accentuer la pression sur le gouvernement dès la fin des vacances scolaires.
Quelles seront les différences avec les mobilisations actuelles ?

Une réforme contestée... Mais qui avance peu à peu. Ce lundi 13 février, l'Assemblée nationale a entamé sa deuxième semaine de travaux sur le projet de loi du gouvernement repoussant notamment l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Et ce, en dépit des mobilisations quasi-hebdomadaires dans la rue. Alors les syndicats veulent passer à la vitesse supérieure. Dans un communiqué, les principales organisations hostiles à la réforme des retraites envisagent de durcir le mouvement. Le mardi 7 mars prochain, elles souhaitent "mettre la France à l'arrêt dans tous les secteurs", lancent-elles d'une voix commune.

Pourtant, les manifestations s'accumulent. Ce jeudi 16 février, l'intersyndicale appelle les Français à se mobiliser pour la cinquième fois en un mois. "On défile, on manifeste, on fait grève, parfois deux heures : cela ne bloque pas le pays", indique auprès de TF1info la CFDT Chimie-Énergie Lorraine. Et ne fait pas non plus reculer le gouvernement. Alors le 7 mars doit être "l'occasion de montrer, à l'échelle du pays, cette volonté de refuser cette réforme", martèle sur BFMTV Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT.

Objectif : peser sur l'économie

Pour augmenter l'intensité du mouvement, les syndicats restent flous sur les méthodes d'actions. "Nous allons construire des choses innovantes", a simplement promis dimanche sur LCI le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Par exemple, bénéficier du soutien des petites entreprises. "Cela peut être comme en Espagne où des commerçants baissent le rideau symboliquement pendant plusieurs heures", a-t-il ainsi proposé.

Cela peut aussi passer par "des journées complètes de grève", nous souffle la CFDT Chimie-Énergie Lorraine. "Un appel à la grève beaucoup plus fort pourrait conduire à ralentir certaines activités", précise-t-elle. "Aujourd'hui, cela reste mesuré. Mais nous pouvons réduire la production, limiter certaines activités..."

Car les manifestations actuelles n'ont pas d'effet massif sur l'économie. "Aujourd'hui, il y a une souplesse", explique la CGT à TF1info. "Pour participer aux manifestations, certains salariés font grève quelques heures et pas toute la journée, ou posent un jour de congé", détaille le syndicat. "Mais puisque le gouvernement n'entend pas nos manifestations, il faut arrêter le travail pour avoir un impact sur l'économie."

Vers une "France morte" le 7 mars

Transports, énergie, santé, éducation... "Nous appelons l'ensemble des salariés, sur leurs lieux de travail, à faire des assemblées générales pour organiser la grève et sa reconduction", poursuit la CGT. Avec un objectif : "que chacun monte d'un cran". Les professions pratiquant "24 heures de grève" pourraient ainsi mettre en œuvre une grève reconductible, tandis que les personnes s'arrêtant actuellement de travailler deux ou trois heures seraient appelées à "une journée complète de grève". "Ce jour-là, on fait une France morte", résume Force ouvrière (FO) auprès de TF1info. "Le gouvernement regarde passer les cortèges, mais on dirait qu'il s'en fout. Nous sommes donc obligés de passer à la vitesse supérieure."

D'autres modes d'action sont possibles. La CGT cite ainsi la "grève du zèle, avec un refus de toutes les heures supplémentaires". Ou encore des "grèves perlées", déjà employées par des salariés de la SNCF ces dernières années, afin de "désorganiser la production". Mais refuse l'idée de bloquer le pays. "Le blocage n'est pas un vocabulaire syndical : nous faisons grève", corrige le syndicat. "En conséquence, si elle est très suivie, cela met la production à l'arrêt, puisque le pays ne tourne que grâce à notre travail. Mais nous ne bloquons rien, nous faisons juste grève."

L'intersyndicale de l'éducation, regroupant les sept principaux syndicats enseignants, a appelé à ce que les grèves permettent de "fermer totalement les écoles, collèges, lycées et services" le 7 mars, si le gouvernement et le Parlement "restent sourds" à la mobilisation contre la réforme des retraites.

Du côté des éboueurs, la CGT a lancé mardi un appel à la grève reconductible de "l'ensemble de la filière" des déchets à partir du 7 mars. "Les fédérations CGT des services publics et des Transports appellent (...) dans toutes les entreprises, établissements publics et collectivités à se réunir (...) pour préparer la grève dans les secteurs de la collecte des déchets et ordures ménagères, du tri et du traitement des déchets, à partir du 7 mars et jusqu’au retrait du projet de loi", indiquent-elles dans un communiqué conjoint. À Paris, la CGT est majoritaire.

Lire aussi

Dans son communiqué, l'intersyndicale a souligné que la "mise à l'arrêt" du pays verrait uniquement le jour si "le gouvernement et les parlementaires restaient sourds à la contestation populaire". Une telle journée "serait le signe que l'État ne nous écoute pas, ce qui serait dramatique", déplore la CFDT Chimie-Énergie Lorraine. "Mais si la raison ne marche pas, il faut laisser place à l'action. La population ne comprendrait pas que nous nous arrêtions là."


Idèr NABILI

Tout
TF1 Info