Les Insoumis ont apporté leur soutien à la nouvelle manifestation contre la réforme des retraites qui se tient samedi à Paris, à l'initiative d'organisations de jeunesse.
Le départ de la marche est prévu à 14h sur la place de la Bastille.
Une date qui vient s'ajouter au calendrier des syndicats mais sans l'éclipser, assure le parti.

Nouvelle manifestation contre la réforme des retraites. Deux jours après la mobilisation fortement suivie dans les rues, la France Insoumise prévoit son propre rendez-vous pour protester contre le projet du gouvernement. Si le mouvement de Jean-Luc Mélenchon s'est déjà joint au cortège des manifestations appelées par les organisations syndicales jeudi, il soutient cette fois la marche politique prévue samedi 21 janvier à Paris, à l'initiative d'associations de jeunesse. Les Insoumis espèrent ainsi engager leur propre bras de fer avec l'exécutif, tout en affirmant ne pas vouloir faire d'ombre au calendrier des syndicats.

Dans le sillage de la "marche contre la vie chère"

Jeudi soir, après "la plus grande mobilisation sociale depuis 20 ans", leur chef de file a donné rendez-vous "samedi pour la marche du 21 janvier". Cette manifestation, décidée et annoncée début décembre, "n'est pas ma marche", avait insisté l'ancien candidat à l'élection présidentielle la semaine passée, mais "celle de dix organisations de jeunesse" - dont plusieurs de formations de la gauche unie dans la Nupes. Parmi elles, entre autres, Fidl, Alternative étudiante, La Voix Lycéenne, mais aussi Jeunes Insoumis, Jeunes écologistes, Jeunes Génération·s, NPA (Nouveau Parti Anti-Capitaliste) Jeunes, détaille le site de LFI. 

Le cortège doit se lancer à 14h depuis place de la Bastille, dans le XIIe arrondissement de la capitale, mais aucune information n'a été communiqué sur sa trajectoire ensuite. Des bus ont été mis en place pour rallier Paris depuis "de nombreuses villes". Une mobilisation destinée à protester contre "une réforme injuste, brutale et inutile", mais qui se situe plus largement dans le sillage de la "marche contre la vie chère" de LFI en octobre dernier, tandis que "les prix explosent et les profits s’emballent", selon le site de l'évènement. 

Pas de concurrence avec les syndicats, martèle LFI

Un rendez-vous auquel ne participeront pas les syndicats. Le patron de la CGT Philippe Martinez a refusé d'y prendre part, revendiquant début janvier auprès de Mediapart "plus que jamais" la "volonté d'indépendance" de son organisation. "Les partis de gauche seraient inspirés de nous laisser gérer la mobilisation sociale. C'est aux organisations syndicales de donner le la et le coup d'envoi de la mobilisation", avait aussi affirmé le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, dans les colonnes du Parisien. Seule l’Union fédérale des syndicats de l'État CGT a appelé à rejoindre la marche.

Quant aux autres partis membres de la Nupes, ils n'ont pas annoncé leur présence, voire s'y sont frontalement opposés. Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, accuse ainsi LFI de vouloir faire cavalier seul dans la lutte contre la réforme. "Ne contrarions pas le calendrier des organisations syndicales. (...) Jouons collectif, ne cherchons pas toujours à nous mettre en avant. Cette marche arrive comme un cheval dans la soupe (sic), avec ses gros sabots", avait-il tancé dimanche dernier auprès du Journal du Dimanche.

Les Insoumis, eux, se défendent de chercher à concurrencer les directives des syndicats. "Dans toutes les mobilisations de ce type, il y a toujours eu des affluents au fleuve de la contestation. Samedi, c'est un affluent à jeudi", a argué le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, interrogé par franceinfo. Le parti insiste sur l'initiative prise par les organisations de jeunesse, et assure aussi qu'elle soutiendra le prochain rendez-vous annoncé par l'intersyndicale, le 31 janvier. "Nous arc-bouterons nos forces", a déclaré Jean-Luc Mélenchon dans un billet de blog

Pour l'heure, l'évènement Facebook de la manifestation enregistre moins de 600 participants ce vendredi après-midi, et quelque 700 personnes intéressées seulement. Mais lors de la "marche contre la vie chère" organisée le 16 octobre dernier, entre 30.000 et 140.000 personnes, selon les chiffres de la police et des organisateurs, avaient défilé à Paris.


Maëlane LOAËC (avec AFP)

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