Les sommes versées par des anonymes aux syndicats, qui s'élèvent parfois jusqu'à 1000 euros, visent à soutenir les grévistes.
À la CFDT, tout comme à la CGT et chez Force Ouvrière, beaucoup s'étonnent de ces gestes de solidarité spontanés.

De mémoire de syndicalistes, c’est du jamais-vu ! "Il y a encore un gros tas de chèques qui est arrivé ce matin. Ça monte crescendo depuis le début du conflit, mais depuis le 49.3, le nombre de dons a explosé !", explique, auprès de TF1info, Nathalie Metche, membre du Comité confédéral national de la CGT. Une partie de ces dons provient des instances locales de l’organisation syndicale, mais une part non négligeable émane de particuliers, assure-t-elle. 

"Il y a beaucoup de retraités qui envoient des chèques de 10 euros, alors qu’ils touchent 900 euros de pension. Un fromager parisien nous a reversé une partie de sa caisse par exemple. On a même un élu du MoDem qui a fait un don de 200 euros. Ça nous a fait sourire, ce n’est pas habituel", confie cette responsable syndicale, selon qui il y en aurait autant dans les départements et les régions. "Ça fait trente-cinq ans que je suis à la CGT, je n’avais jamais vu ça. C’est impressionnant", souligne Nathalie Metche.

La responsable syndicale dit recevoir une quarante mails par jour de gens qui lui demandent la marche à suivre pour faire une donation. Des dons d’un montant de 100 euros en moyenne, que le syndicat centralise au sein de la cagnotte Leetchi qu’il a réactivée en novembre dernier. "Depuis, on a plus de 1,5 million d’euros qui sont entrés, dont une partie provient de ces dons", indique la responsable syndicale, sans préciser pour quel montant. 

C’est aussi le cas à la CFDT. Jean-Michel Rousseau, en charge de la caisse de grève du syndicat, se dit également surpris. "A la CFDT, c’est un peu particulier, notre caisse de grève étant alimentée par les cotisations, on ne fait pas d’appel aux dons via des cagnottes en ligne, comme le font d’autres organisations, souligne, auprès TF1info, le responsable syndical. On reçoit des demandes de gens qui souhaitent faire des dons via le site internet. Parfois, le don s’accompagne d’une d’adhésion."

Les chèques, dont le montant moyen est de l’ordre de 100 euros, parfois un peu plus, s'accompagnent souvent de messages d’encouragement. "Une dame à la retraite nous a fait parvenir un chèque de 1000 euros, c’est le record pour le moment", confie-t-il. "Il y a aussi des adhérents qui disent ne pas avoir pu faire grève et qui, à la place, font un versement pour dire qu’ils sont solidaires", ajoute-t-il.

Ce sont des démarches volontaires. Il y a quelques adhérents, mais la majorité des donateurs ne sont pas encartés
Patrick Privat, trésorier général de la confédération Force Ouvrière

Au total, autour de 6000 euros de dons ont été versés à l’organisation depuis le début de la mobilisation. "Cela peut paraître peu, mais vu qu’on n’en reçoit jamais en temps normal, ça nous surprend", dit-il. À quoi va servir cet argent exactement ? "Pour l’instant, on l’encaisse sur un compte spécial. On veille à ce que le don soit utilisé conformément au souhait du donateur, c’est-à-dire pour aider les gens qui perdent en salaires", indique Jean-Michel Rousseau. 

Du côté de Force Ouvrière, "une dizaine de milliers d’euros" ont été versés sous forme de dons depuis le début de la mobilisation, indique Patrick Privat, le trésorier général de la confédération. "On a reçu une cinquantaine de chèques. Ce sont des démarches volontaires. Il y a quelques adhérents, mais la majorité des donateurs ne sont pas encartés, insiste-t-il. Nous n’appelons pas à faire des dons. Mais si on en reçoit, on les encaisse et on les utilise à bon escient.". Cet argent sera utilisé, à partir de début avril, afin d’indemniser nos adhérents qui se mobilisent pour faire grève. De quoi compenser, en partie, les pertes de salaires.


Matthieu DELACHARLERY

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