Demandes d'asile en France : un niveau inédit en 2023

par T.G.
Publié le 23 janvier 2024 à 14h45

Source : TF1 Info

Le nombre de demandes d'asile a continué d'augmenter en France en 2023, pour atteindre le niveau historique de 142.500 demandeurs.
Les ressortissants de l'Afghanistan sont les premiers demandeurs d'asile dans le pays.

L'Ofpra plus que jamais sollicité. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a recueilli 142.500 demandes d'asile en 2023, selon un bilan communiqué ce mardi 23 janvier. Un niveau historique (8,6% de hausse par rapport 2022) qui s'inscrit dans un contexte politique tendu sur l'immigration.

L'Ofpra "dénombre quelque 123.400 premières demandes d'asile", a écrit dans un communiqué l'organe chargé d'attribuer le statut de réfugié. En 2022, l'établissement public avait enregistré 131.000 demandes, soit juste en dessous du précédent pic historique avant la crise sanitaire en 2019, établi à 132.000 demandes.

33% des demandes acceptées

Pour la sixième année consécutive, ce sont les ressortissants de l'Afghanistan qui sont les premiers demandeurs d'asile en France, avec plus de 17.500 premières demandes introduites, selon les données de l'Ofpra. Suivent les personnes originaires du Bangladesh (8600), de Turquie (8500), de la République démocratique du Congo (8000) et de la République de Guinée (7000).

Le taux de protection de l'Ofpra, c'est-à-dire la part de demandes acceptées, est en hausse en 2023, avec 33% (+4 points comparé à 2022). Le délai moyen de traitement d'un dossier, lui, a baissé : il faut désormais 4,2 mois à l'Ofpra pour trancher (5,2 en 2022). Une accélération du traitement érigée en priorité par le ministère de l'Intérieur - qui veut ainsi expulser plus rapidement les personnes déboutées de leur demande - mais qui génère une fronde interne depuis plusieurs mois.

Les agents de l'organe indépendant se sont mis en grève la semaine dernière, pour la quatrième fois depuis octobre 2023, à l'appel des syndicats CGT et ASYL, pour dénoncer notamment une "politique du chiffre fondée sur des objectifs irréalistes". Leur grève visait également le controversé projet de loi immigration, adopté au forceps mi-décembre, notamment avec les voix du Rassemblement national. Il prévoit, entre autres, une refonte du système d'asile, dont par exemple la généralisation du recours à un juge unique au détriment de formations de jugement collégiales à la Cour nationale du droit d'asile. Le Conseil constitutionnel, saisi par le président Emmanuel Macron lui-même, doit se prononcer jeudi sur la conformité du texte.


T.G.

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