REPORTAGE - Urgences de santé, accidents, ascenseur bloqué... En immersion avec les pompiers, mobilisés sur tous les fronts

par La rédaction de TF1info | Reportage : François-Xavier Ménage et Olivier Cresta
Publié le 3 février 2024 à 14h02

Source : JT 20h WE

Les pompiers français peinent à recruter des volontaires, alors que leur nombre d'interventions a explosé depuis 20 ans.
Ces sauveteurs assurent des missions qui se sont considérablement élargies : ils se retrouvent aujourd'hui au chevet des patients, pour les acheminer au plus vite aux urgences.
Reportage en immersion dans une caserne d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise.

L'alerte est donnée, les pompiers du centre de secours d'Argenteuil se précipitent dans leur camion et déclenchent les gyrophares. Le délai moyen pour intervenir est de six minutes, le temps d'enfiler les tenues et d'identifier les points d'accès à l'eau juste à côté d'un pavillon qui a pris feu. Une fois arrivés sur place, ils parviennent à maîtriser rapidement les flammes, comme le montrent les images du reportage du 20H de TF1 en tête d'article. Mais ces scènes sont en réalité peu fréquentes dans le quotidien des soldats du feu, qui est loin de ressembler à un film à grand spectacle.

Les appels les plus fréquents concernent surtout des urgences de santé. Une demi-heure plus tard, nos pompiers franciliens mettent le cap vers une barre d'immeuble, après un nouveau signal de détresse. Cette fois, ils doivent venir en aide à un septuagénaire qui ne répond plus aux questions. Ils l'extraient de chez lui tant bien que mal, malgré un ascenseur en panne, avant de prendre le chemin de l'hôpital. Les sapeurs-pompiers effectuent en moyenne une vingtaine d'interventions de ce type chaque jour, transférant régulièrement des personnes vers les urgences de la ville, qui accueillent deux-cents patients quotidiennement. Les soldats du feu sont d'abord des soldats du système de santé tricolore, de plus en plus saturé

"Beaucoup de personnes dans le besoin"

Dans cette caserne, qui compte une centaine de soldats du feu, ces interventions constituent même l'écrasante majorité de leurs activités : 80% des missions sont consacrées au secours et au suivi des personnes aux urgences, loin devant les 6% consacrées aux incendies et les 6% aux accidents sur la voie publique. "Il est évident que l'on a aujourd'hui, dans certains points du territoire, des problématiques d'accès au soin. Les gens vont penser parfois qu'en appelant les sapeurs-pompiers, on va pouvoir aller plus vite et plus rapidement pour être pris en charge", avance le capitaine Christophe Seveste, chef du centre de secours principal d'Argenteuil. 

Lors de l'immersion des journalistes de TF1, l'équipe a aussi été appelée en urgence par une femme d'une cinquantaine d'années, se disant prête à mettre fin à ses jours. Après un long dialogue, la résidente en sanglots est finalement transportée pour rencontrer un médecin. Le soir même, nos pompiers interviennent à la gare de la commune, après la chute inquiétante d'une voyageuse dans les escaliers. Puis, à 20 kilomètres de là, ce sera le sauvetage de cinq personnes coincées depuis six heures dans un ascenseur bloqué. Un type d'intervention qui est d'ailleurs devenue la spécialité de la caserne, sollicitée par les fabricants d'ascenseur eux-mêmes.

Pour répondre à tous les appels, des volontaires viennent grossir les rangs des professionnels, comme Gwendoline, institutrice le jour et sapeur-pompier à la nuit tombée. "On se rend vraiment compte qu'il y a beaucoup de personnes dans le besoin, c'est pour cela que personnellement, je n'arrêterai jamais d'être pompier volontaire", lance dans un sourire la bénévole. "Et tant pis s'il y a des doubles, voire des triples journées, ce n'est pas grave du tout ! Du moment que l'on fait des choses que l'on aime, le sommeil, on verra quand on sera morts", lâche-t-elle. 

L'équipe de jour prend ensuite le relais, avec un exercice de simulation de sauvetage d'un mannequin prisonnier d'un bâtiment rempli de fumée épaisse. L'objectif de ces "manœuvres incendies" : "s'habituer à être le plus efficace possible lors de vraies interventions", appuie un pompier. Une efficacité d'autant plus précieuse que le nombre des interventions a explosé ces dernières années. À l'échelle nationale, il est passé en vingt ans seulement de 3,5 millions à presque 5 millions par an. Les quelque 43.000 pompiers professionnels, épaulés par environ 200.000 bénévoles, sont sur le pont, mais il manque encore plusieurs dizaines de volontaires pour répondre aux besoins au quotidien. 


La rédaction de TF1info | Reportage : François-Xavier Ménage et Olivier Cresta

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