La bataille des retraites est lancée

Retraites : le calendrier de la réforme et les dates des mobilisations à venir

par Thomas DESZPOT
Publié le 20 janvier 2023 à 17h06, mis à jour le 21 janvier 2023 à 8h42
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Après une journée de mobilisation remarquée jeudi 19 janvier, la contestation va se poursuivre au moins jusqu'à la fin du mois.
Le gouvernement, lui, garde son cap et se prépare à l'examen du texte au Parlement.
On vous récapitule les dates à retenir.

Pari réussi pour les opposants à la réforme des retraites. Avec 1,12 million de personnes dans la rue jeudi 19 janvier, selon le ministère de l'Intérieur, et même "plus de 2 millions", d'après la CGT, la première journée de grève contre le projet du gouvernement a largement mobilisé. Un mouvement social appelé à se poursuivre, les syndicats s'étant déjà mis d'accord pour de nouvelles actions, alors que le texte sera examiné à l'Assemblée nationale après un passage en Conseil des ministres. Voici les grandes dates qui vont marquer les débats.

21 janvier : une marche à Paris soutenue par LFI

L'expression veut que l'on batte le fer tant qu'il est chaud, c'est ce que feront les élus et soutiens de la France insoumise, qui ont annoncé leur participation à une marche ce samedi 21 janvier. Le parti se joint ainsi à un mouvement initié par plus de dix organisations représentantes de la jeunesse. "Samedi, on joue 'coucou nous revoilou' derrière les organisations de jeunesse", lance d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon sur son blog, estimant que "tout ce qui contribue à l’éducation populaire de masse est bon à prendre". À scruter : l'implication (ou non) des autres partis d'opposition, à gauche en particulier. La Dépêche du Midi rapporte que cette marche suscite des tensions entre LFI et le Parti communiste. Son numéro un, Fabien Roussel, regrettait dans les colonnes du JDD qu'elle "arrive comme un cheval dans la soupe (sic), avec ses gros sabots..."

23 janvier : le texte en Conseil des ministres, des actions ciblées

Le texte du gouvernement va effectuer le 23 janvier un passage obligé en Conseil des ministres, avant son examen à venir par les parlementaires. En pratique, c'est un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (PLFRSS) relatif à la réforme des retraites qui va être présenté, avant de se diriger sans tarder du côté de la commission des affaires sociales de l'Assemblée. Celle-ci va être consultée pour avis, à l'instar de la commission des finances.

Le même jour, une série d'organisations appellent à la mise en place d'actions ciblées à l'échelle locale, de manière à maintenir la pression sur le gouvernement. L'intersyndicale a invité la population "à multiplier les actions et initiatives partout sur le territoire, dans les entreprises et services, dans les lieux d’étude, y compris par la grève". Fabien Roussel y voit une  "journée d'action prévue où chacun pourra prendre des initiatives". Pour sa part, la secrétaire confédérale de la CGT, Catherine Perret a évoqué des rassemblements "devant les préfectures". L'essentiel, souligne-t-elle, "est qu'il y ait un feu roulant d'actions qui montre que tous les jours les salariés sont déterminés à ne pas laisser ce gouvernement tranquille".

Du côté des enseignants, le SNUipp-FSU appelle la profession à soutenir cette mobilisation. Que ce soit en se joignant aux actions mises en place, mais également en participant à toutes les initiatives sur le terrain en amont des prochains grands rassemblements. 

Le calendrier des manifestations contre la réforme des retraites
Le calendrier des manifestations contre la réforme des retraites - DR

À noter par ailleurs que la CGT-Cheminots a indiqué déposer un préavis de grève du 25 janvier au 2 février. Une mobilisation portant sur les retraites mais aussi plus largement sur les salaires, les conditions de travail et la reconnaissance de certains métiers. 

26 janvier : nouvel appel à la grève dans les raffineries

Une semaine exactement après la première grève contre la réforme des retraites, les salariés des raffineries seront de nouveau appelés à cesser le travail. Contrairement à la journée du 19, ou l'arrêt des activités a duré 24 heures, le mouvement du 26 janvier est annoncé pour 48 heures. Une montée en régime qui pourrait se poursuivre également le 6 février si nécessaire. Les syndicats ont déjà indiqué que 72 heures de mobilisation seraient amorcées à cette date. Cette mobilisation se traduirait par des "baisses de débit" ainsi que par "l’arrêt des expéditions" de carburants.

Sur le volet des transports, la fédération CGT des Ports et Docks a appelé vendredi à une grève de 24 heures dès le 26 janvier également. Elle "appelle les ouvriers dockers et les travailleurs des ports à amplifier les modalités d'action", et invite donc tous les salariés à cesser le travail jeudi prochain mais aussi à supprimer "les heures supplémentaires et shifts exceptionnels à compter du 26 janvier". "Pour les modalités d'action de la semaine du 30 janvier, la fédération va de nouveau réunir ses instances", poursuit-elle dans un communiqué.

De leur côté, les fédérations CGT de la Chimie et Mines-Énergie doivent coordonner leurs efforts et publier lundi un communiqué commun avec celle de la CGT des Ports et Docks, selon Emmanuel Lépine, secrétaire général de la CGT-chimie (FNIC). Sa fédération a d'ores et déjà appelé à faire grève le 26 janvier pour 48 heures et le 6 février pour 72 heures.

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31 janvier : un 2e round de manifestation nationale

Fortes du succès de leur première journée de mobilisation le 19, les huit grandes centrales syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU) ont convenu d'une nouvelle journée d'action le 31 janvier. Des rassemblements et blocages seront ainsi organisés à travers tout le territoire, avant l'arrivée de la réforme au Parlement. Le syndicat Sud-éducation (minoritaire) a appelé vendredi à une grève reconductible à partir de cette date.

Les partis de gauche tels que LFI ou le PC ont fait savoir qu'ils se joindraient au mouvement, tandis que le Rassemblement national n'a pas encore tranché la question. Le député du RN Sébastien Chenu n'écarte pas l'idée de s'y joindre, souhaitant faire "reculer" l'exécutif.

Le choix du 31 janvier n'a rien d'un hasard. Pour les syndicats, il s'agit autant de remobiliser les troupes que d'éviter une forme d'épuisement. Sans oublier le fait que dans le contexte actuel, enchaîner des jours de grève peut rapidement affecter les finances. Opter pour la toute fin du mois évite ainsi que nouvelle journée de salaire soit retenue sur la même fiche de paie.

Début février : l'examen débute à l'Assemblée

Si la date est encore incertaine, des sources parlementaires évoquent un début de l'examen de la réforme début février. Il s'agira pour les députés - puis les sénateurs - de proposer et discuter des amendements visant à faire évoluer le texte. Une phase de dialogue sur laquelle insistent tous les membres du gouvernement ces derniers jours dans les médias. 

Rappelons que ce texte pourra être adopté par l'usage d'un nouveau 49.3. Il se passerait alors d'un vote. Autre option possible, l'usage de l'article 47.1, dédié aux textes budgétaires. Plus méconnu, il prévoit que si l'examen à l'Assemblée s'éternise et dépasse "un délai de 20 jours après le dépôt d'un projet de loi", ce sont les sénateurs qui prennent la main. Un cas de figure qui pourrait faire les affaires de la majorité, le Sénat étant aujourd'hui contrôlé par une majorité de droite. 


Thomas DESZPOT

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