Des particuliers élèvent des races de chèvres et de poules anciennes pour les préserver.
Exemple avec la chèvre des fossés : alors que la France en comptait à peine 80 en 2000, sa population atteint aujourd’hui les 1600 spécimens.
TF1 est allé à la rencontre de ces passionnés des races anciennes.

Au moins deux fois par jour, Yann Varin passe s’occuper de ses bêtes. Mais ce n’est pas son métier, lui qui n’est pas agriculteur. Dans la journée, il est éducateur. "C’est un de mes loisirs qui me prend beaucoup de temps. J’en ai d’autres, mais ça, c’est vraiment mon loisir principal, les animaux", sourit-il dans le reportage de TF1 visible en tête de cet article. Cela fait 25 ans qu’il s’est pris de passion pour les races anciennes de sa Normandie natale et il veille aujourd’hui sur une quinzaine de brebis du Cotentin. Mais sa grande fierté, ce sont ses chèvres des fossés. "Ce que j’aime savoir, c’est que je suis parti d’une chèvre et que là, j’ai sa petite-fille, son arrière-petite-fille", poursuit Yann Varin. 

La chèvre des fossés a longtemps été surnommée la vache du pauvre. Infatigable, elle se nourrissait de ce qu’elle trouvait au bord des chemins. Et alors que l'agriculture moderne semblait l’avoir effacée du paysage, à la toute fin du XXᵉ siècle, on retrouva un troupeau sauvage sur les falaises de La Hague. De quoi relancer la lignée. "Début 2000, il y avait à peu près 80 chèvres recensées. Maintenant, on est à peu près à 1600. Il y a les amateurs comme moi qui ont des petits troupeaux comme ça. On a quelques personnes qui sont installées en transformation fromagère et elle aussi utilisée pour l’éco-pâturage", explique Yann Varin. 

La poule grise du Vercors, venue d’Italie

À 800 kilomètres de là, Evelyne Tézier, elle non plus n’est pas éleveuse. Il y a 30 ans, l’institutrice a commencé ses recherches sur la poule grise du Vercors, souvenir de son enfance drômoise. "Les Italiens, autrefois, venaient dans le Vercors pour faire du charbon de bois et ils vivaient en autarcie, donc ils avaient tout, y compris leurs poules, et les paysans du coin, qui avaient des poules noires, trouvaient que les poules grises étaient plus jolies. C’est comme ça que cette race est née petit à petit dans les fermes", explique Evelyne Tézier. 

C’est d’ailleurs au-delà des Alpes qu’elle est allée chercher quelques spécimens et avec l’aide de professionnels tout aussi passionnés, elle a relancé cette race disparue. "C’est un peu plus sauvage que le poulet connu. On peut les laisser à l’extérieur sans problème. Ça pond aussi bien l’hiver que l’été", affirme Romain Benoît, éleveur de poules grises du Vercors. Son côté rustique et sa croissance lente l’avaient presque condamnée à s’éteindre. C’est pourtant aujourd’hui ce qui lui donne un goût de gibier savoureux et lui promet de belles années. L’association grise du Vercors cherche même des éleveurs pour satisfaire la demande. 


L.T. | Reportage TF1 : Armelle Hanout, Julien Clouzeau, Bruno Poizeuil

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