Sarthe : la papeterie Arjowiggins en liquidation, 600 salariés sur le carreau

Publié le 29 mars 2019 à 11h50, mis à jour le 29 mars 2019 à 14h30

Source : JT 13h Semaine

EMPLOI - Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé vendredi la liquidation de la papeterie Arjowiggins, qui emploie près de 600 personnes à Bessé-sur-Braye. Depuis plusieurs mois, les salariés en appelaient à l'Etat pour sauver leurs emplois. En vain. Bruno Le Maire a assuré que l'Etat serait "aux côtés des collectivités locales pour accompagner et reclasser les salariés".

Le couperet est tombé pour les employés de la papeterie Arjowiggins. Le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé vendredi la liquidation judiciaire de l'un des plus gros employeurs de la Sarthe, qui compte près de 600 salariés dans ce département.

Arjowiggins produisait notamment des cartes grises, des documents officiels mais aussi... des cartes Pokemon ou des cartes à jouer pour les casinos. La papeterie avait été mise en vente par son propriétaire, le groupe Sequana, mais le seul candidat à la reprise, un groupe suédois, avait finalement abandonné. L'annonce a été faite vendredi matin aux salariés par la direction de l'usine. Elle a immédiatement suscité des réactions indignées des élus locaux et des syndicats.

"C'est une catastrophe pour le département de la Sarthe", a réagi, "en colère", l'avocat des salariés, Thomas Hollande. Ce dernier évoque un risque pour 800 emplois, tenant compte d'un autre site, à Bourray, près du Mans, qui compte 280 salariés.

Appel lancé au gouvernement

Ces derniers jours, les salariés d'Arjowiggins s'étaient particulièrement mobilisés, en appelant à l'Etat pour assurer la sauvegarde de leurs emplois. Jeudi, 150 employés de la papeterie de Bessé-sur-Braye avaient envahi la gare d'Angers et occupé les voies ferrées, durant le déplacement d'Emmanuel Macron dans cette ville dans le cadre du Grand débat national.  Lundi, ils avaient fait de même à la gare de Vendôme, paralysant le trafic TGV vers le Sud-Ouest

Les salariés s'étaient vu proposer de rencontrer, jeudi après-midi, le préfet de région, la présidente LR de région, ainsi qu'une conseillère d'Emmanuel Macron. L'Etat et les collectivités concernées se disaient prêts à financer à 50% le projet de reprise, mais les financements privés qui devaient assurer l'équilibre de l'offre, conformément à la réglementation européenne, n'ont pas été trouvés. La présidente du conseil régional des Pays de la Loire, Christelle Morançais, a annoncé "un plan d'urgence exceptionnel" pour accompagner les salariés. 

"L'Etat sera aux côtés des collectivités locales pour accompagner et reclasser les salariés", ont réagi les ministres Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher dans un communiqué. "Des outils exceptionnels seront mis en place", ont-il ajouté, évoquant un contrat de sécurisation professionnelle et "l'activation d'une cellule d'appui" aux salariés. Les ministres ont toutefois salué la reprise annoncée de deux autres sites, à Greenfield et au Bourray. 


La rédaction de TF1info

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