Orpea est dans le viseur du gouvernement depuis les révélations sur les conditions d'accueil.
Depuis plusieurs années, le groupe est régulièrement visé par des polémiques.
Les accusations contre l'entreprise se sont multipliées depuis une décennie.

Orpea au cœur des polémiques. Le groupe spécialisé dans l'hébergement des personnes âgées a été épinglé ces derniers jours dans un livre-enquête du journaliste Victor Castanet, qui accuse l'entreprise de mauvaises conditions d'accueil des résidents au profit d'une meilleure rentabilité.

Aussitôt, de premières actions ont été diligentées. Deux enquêtes administratives ont été ouvertes par la ministre chargée de l'Autonomie, Brigitte Bourguignon, et le directeur général d'Orpea, Yves Le Masne, a été démis de ses fonctions.

Des salariés espionnés par des acteurs ?

Ce n'est pas la première fois que le groupe fondé en 1989 et entré en bourse en 2002 fait l'objet de vives polémiques. Dès 2014, l'exploitant de maisons de retraites et de cliniques privées est accusé par la CGT d'avoir recruté des "acteurs de métier" pour être embauchés comme salariés dans l'entreprise afin d'espionner les employés du groupe. Après une plainte du syndicat, le parquet de Paris avait ouvert une enquête l'année suivante.

Contrats de travail en poche, les faux employés recrutés comme brancardiers ou agents d'entretien auraient été envoyés en "observation" sur les sites de L'Haÿ-les-Roses, Andilly et Lyon, dans le cadre d'une convention passée en 2010 entre le groupe et la société de renseignements privée GSG, selon les pièces qui étayaient la plainte. Le but, selon la CGT, était d'infiltrer le syndicat, afin d'espionner ses représentants et militants ainsi que les salariés.

Des accusations de maltraitance

Il faut attendre l'année suivante pour que les conditions d'accueil des résidents soient épinglées à leur tour. En 2015, les familles de personnes âgées hébergées dans un établissement de Seine-et-Marne saisissent la ministre de la Santé d'alors, Marisol Touraine, pour dénoncer une "maltraitance" de leurs proches. Selon elles, depuis le rachat de l'établissement par Orpea, le personnel est moins nombreux, entraînant une dégradation de la prise en charge. "La qualité du service et des prestations n'a plus rien à voir avec le contrat signé par les familles avant", regrettaient-elles.

Des accusations rapportées également dans deux reportages quelques années plus tard. En 2018, France 2 diffuse un numéro d'"Envoyé Spécial" mettant en avant les carences dans les soins apportées aux résidents, dont ceux hébergés dans les établissements Orpea. On y voyait notamment un homme dénonçant la "prise en charge défaillante" de sa mère, alors âgée de 94 ans et atteinte de la maladie d'Alzheimer, dans une résidence proche de Strasbourg, où le séjour est pourtant facturé 3500 euros par mois.

Deux semaines plus tard, un reportage diffusé sur M6 dans l'émission "Zone interdite" pointait les mêmes dysfonctionnements sur fond de volonté de réaliser des économies. Selon des témoignages internes, les dépenses liées à l'hébergement des résidents étaient mises à mal, en dépit des milliers d'euros payés chaque mois par les familles. Dans un établissement évoqué dans le reportage, le budget alimentaire serait même d'un euro par repas. Filmés par un salarié, ceux-ci s'avèrent de piètre qualité et les résidents se plaignent avec aigreur. L'un d'eux affirmait avoir perdu 6 kg.

Une enquête ouverte par le parquet national financier

Le groupe est aussi montré du doigt sur les questions financières. En 2021, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire portant sur la cession d'une maison de retraite en 2008, alors acquise par Orpea. Selon Challenges, le directeur général Yves Le Masne, qui a été démis de ses fonctions la semaine dernière, avait notamment été entendu.

Une audition effectuée dans le cadre d'une enquête pour "complicité de fraude fiscale et blanchiment aggravé", portant sur "le montage financier ayant permis de racheter certaines maisons de retraite dans l'Hexagone". Une perquisition avait été effectuée au siège de l'entreprise en octobre dernier. Le groupe expliquait alors avoir "pleinement coopéré aux diverses investigations menées".


I.N

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