Scandale des eaux minérales désinfectées : Foodwatch attaque Nestlé en justice

par T.G.
Publié le 21 février 2024 à 14h27

Source : JT 20h Semaine

Foodwatch a porté plainte mercredi contre Nestlé Waters et le groupe Sources Alma.
Selon l'association, ils ont utilisé des traitements de désinfection interdits sur leurs eaux minérales.
Parmi elles : Vittel et Perrier.

"Personne, pas même une multinationale comme Nestlé, n'est au-dessus des lois". Foodwatch a annoncé, mercredi 21 février dans un communiqué, qu'elle avait déposé plainte contre la société, mais aussi le groupe Sources Alma. En cause : les traitements de désinfection interdits auxquels ils ont eu recours sur leurs eaux minérales, dont Vittel et Perrier. Ingrid Kragl, directrice de l'information de Foodwatch, a précisé que la plainte avait été déposée auprès du tribunal judiciaire de Paris contre ces deux entreprises. Ces dernières sont suspectées de neuf infractions à la directive européenne sur les eaux minérales, au Code de la consommation et au Code de la santé publique.

"Fraude massive"

Fin janvier, le numéro un mondial de l'eau minérale Nestlé Waters avait révélé dans la presse qu'il avait eu recours à des traitements interdits d'ultraviolets et de filtres au charbon actif sur certaines de ses eaux minérales (Perrier, Vittel, Hépar et Contrex) pour maintenir "leur sécurité alimentaire". Si ces pratiques sont courantes dans le cas de l'eau du robinet et dénuées de risques sanitaires, elles sont en revanche interdites pour les eaux minérales naturelles dans l'Union européenne.

Nestlé Waters a par ailleurs reconnu avoir informé de ces pratiques dès 2021 les autorités françaises. Ces dernières ont alors ouvert une enquête concluant que "près de 30% des désignations commerciales" dont certaines du groupe Sources Alma "subissent des traitements non conformes" en France, avaient rapporté Le Monde et Radio France fin janvier.

"C'est une fraude massive dont Nestlé Waters, le groupe Sources Alma mais aussi l'État français devront répondre", estime Foodwatch. L'association a adressé une lettre à la Commission européenne, dénonçant "la complaisance de la France, mouillée dans cette affaire depuis plusieurs années, qui aurait dû alerter les autorités européennes et les autres États membres importateurs de ces eaux". Le parquet d'Epinal (Vosges) avait annoncé fin janvier l'ouverture d'une enquête préliminaire à l'encontre de la filiale du groupe suisse pour tromperie.


T.G.

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