Dans la tourmente depuis de longues semaines, Orpea a rendu public, mercredi, les conclusions définitives d'un audit externe.
Celui-ci confirme des "comportements fautifs" et des "dysfonctionnements", notamment dans son usage des fonds publics.

Les défaillances se précisent. Sous le coup de procédures judiciaires après les révélations choc du livre Les Fossoyeurs, de Victor Castanet, Orpea a rendu public, mercredi 8 juin, les conclusions définitives de l'audit externe diligenté. "La publication des conclusions de la mission d'évaluation externe s’inscrit dans la démarche de totale transparence" d'Orpea "en réponse aux allégations avancées contre le groupe", a mis en avant le président-directeur général, Philippe Charrier, cité dans un communiqué. "S’il montre que certaines de ces allégations ne sont pas avérées, il confirme aussi des dysfonctionnements et des comportements fautifs pour lesquels nous présentons, une nouvelle fois, à toutes nos parties prenantes nos plus sincères excuses", ajoute-t-il. 

Dans le détail, les cabinets Grant Thornton et Alvarez & Marsal - mandatés en février - ont notamment "confirmé" une "pratique de remises de fin d’année (RFA) avec certains fournisseurs importants de produits financés par les dotations publiques non communiquées aux autorités comme cela est prévu". Pour rappel, le livre-enquête avait accusé le groupe français de facturer des prestations à des fournisseurs avec des dotations d'argent publics. Lesquelles étaient ensuite restituées, en partie, au groupe. 

De même, les audits ont également mis au jour "une pratique" visant à "maximiser la consommation de la dotation attribuée par les autorités aux Ehpad pour les dispositifs médicaux", via "la facturation par un fournisseur de services dont la réalité n’a pas pu être vérifiée". "L'existence d’excédents dans les dotations reçues des autorités dont le traitement comptable a pu contribuer au résultat du groupe" a été confirmée. 

Des procédures disciplinaires en cours

Face à ces allégations, Orpea affirme avoir pris des mesures dans "l’objectif d’éradiquer les pratiques identifiées lorsqu’elles existaient encore". Assurant que les préjudices subis sont "non significatifs à l’échelle du groupe", l'entreprise assure, par ailleurs, que "des procédures disciplinaires sont en cours" et "des licenciements et des mises à pied ont d’ores et déjà été réalisés".

Ce rapport intervient alors que le siège de la chaîne d'Ehpad privés et ses directions régionales ont été perquisitionnés mercredi dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de maltraitance des résidents et d'infractions financières.


M.G avec AFP

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