Vague de chaleur : la France face à une canicule précoce en 2022

Sécheresse et canicule : l'Ardèche pourrait manquer d'eau potable "dans les jours qui viennent"

Maëlane Loaëc
Publié le 18 juin 2022 à 13h59
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le département enregistre une sécheresse inédite, qui préoccupe les autorités depuis plusieurs semaines.
Le préfet de l'Ardèche a indiqué vendredi que les ressources en eau potable pourraient être menacées dans les prochains jours.
Plusieurs bassins de rivières, dont le niveau est drastiquement bas, ont déjà été placés en alerte.

Alors que le mercure connaît des sommets ce samedi, journée la plus chaude pour un mois de juin dans l'histoire de France, cet épisode caniculaire rend le quotidien difficile à plus d'un titre. Au-delà des conséquences directes de la chaleur sur la santé, ces pics de températures affectent aussi les ressources en eau, déjà éprouvées par plusieurs semaines de sécheresses préoccupantes dans certains territoires de l'Hexagone. En Ardèche, où jusqu'à 36°C sont attendus par endroits cet après-midi, l'eau potable pourrait même venir à manquer dans les jours à venir. 

C'est ce qu'a annoncé vendredi le préfet du département, Thierry Devimeux, à France Bleu. "La situation en eau potable est satisfaisante, mais on sait qu'elle est très fragile. (...) Et il n'est pas impossible que, dans les jours qui viennent, nous ayons à constater quelques ruptures d'approvisionnement de-ci ou de-là", a-t-il indiqué à la radio. Tout en précisant que "l'ensemble des acteurs sont aujourd'hui mobilisés" sur le sujet et se tiennent prêts à "mettre en place des mesures de substitution si c'était nécessaire".

Des précipitations en net recul, "du jamais depuis 50 ans"

Le niveau des rivières concentre les inquiétudes : le bassin versant de la rivière Ouvèze, qui traverse Privas, le chef-lieu de l'Ardèche, a été placé vendredi en alerte maximale à cause d'un très faible débit d'eau, grimpant seulement à 2,5% de son débit moyen, relève le site de France Bleu. Tout usage de ce cours d'eau, autre que pour y prélever de l'eau potable, est donc interdit. 

Un arrêté préfectoral pris mardi avait en effet placé ce bassin en alerte renforcée, ce qui implique notamment l'interdiction de l'arrosage d'espaces verts et du lavage de voitures ou de voiries, l'encadrement strict du remplissage des piscines et la limitation des prélèvements en eau des industries au strict minimum. Le bassin du Doux est également concerné par cette décision. Dans pratiquement tout le reste du territoire, le seuil d'alerte a été adopté : arrosage restreint à certains jours et certains horaires, lavage de voitures et voiries aussi interdit. Nombre de bassins avaient déjà placés en alerte les semaines passées, une sécheresse inquiétante s'étant déclarée dès la fin mai. 

Dans les colonnes du journal local L'Hebdo de l'Ardèche, le préfet a appelé les habitants au civisme, affirmant que "chacun doit faire un effort" en cette période caniculaire. "Il n'y a pas de pluie prévue avant mercredi prochain... Le phénomène est particulièrement précoce cette année puisque ces mesures sont généralement prises autour du 15 août, voire plus tard", a-t-il regretté.

"Le niveau des réserves d'eau, dans les barrages, est aussi inquiétant puisqu'on est à 70 % en dessous de ce qui devrait être", a indiqué pour sa part Jérôme Pejot, adjoint à la direction départemental des territoires, à L'Hebdo de l'Ardèche. L'élu relève un manque de précipitations criant depuis le début de l'année en Ardèche : "En mai et juin, il y a eu un déficit de 80 %, c'est du jamais vu depuis 25 ans. Et si on prend les données depuis le début de l'année, c'est du jamais depuis 50 ans", a-t-il déploré.


Maëlane Loaëc

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